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La petite histoire #42 : le tatouage

Véritable art ancestral, le tatouage tend à se démocratiser. Longtemps mal vue par la société, il fait aujourd’hui partie des pratiques courantes. De l’antiquité aux sociétés aborigènes, en passant par l’esclavagisme, le tatouage n’a cessé d’évoluer. Venez donc plonger dans son univers.

Le passé du tatouage est dur à retracer mais une chose est sure, la pratique ne date pas d’hier. Et pour cause, le plus vieux tatoué (découvert) est mort il y a 5300 ans. Répondant au nom d’Ötzi, et surnommé « l’homme de glace », il a été retrouvé à la frontière italo-autrichienne et ne portait pas moins de 61 tatouages. Autre exemple d’ancienneté, deux momies égyptiennes datant de 3000 avant Jésus-Christ.

Son origine se complexifie à mesure des nouvelles découvertes aux quatre coins du monde à des périodes différentes de l’histoire. Une question se pose à nous, quelles sont les prémices de cette pratique ? A ce jour, nous n’avons toujours pas de réponse précise.

Mais ne vous inquiétez pas, on a quand même deux trois informations à vous mettre sous la dent.

L’étymologie par exemple. L’origine du mot nous vient tout droit de Polynésie

Tatau signifie marquer/dessiner. C’est aussi un dérivé de Ta-atouas, « Ta » signifie dessin et « atouas », esprit. Ce qui nous donne une petite idée de ce qu’il représentait à cette période. Tahiti et ses peuples aborigènes deviennent ainsi le berceau du tatouage.

Un marqueur social

Qu’importe la société ou encore l’époque, la fonction du tatouage varie, allant d’un rite d’initiation à un outil punitif. Mais un élément commun ressort. Analysons :

  • En Polynésie, les membres des classes supérieures étaient tatoués lors des grandes étapes de la vie
  • Au Japon, les criminels étaient tatoués de force en guise de punition
  • Les sociétés pratiquants l’esclavagisme, marquaient leurs esclaves/prisonniers
  • Chez les aborigènes, il indiquait l’appartenance à une tribu

La liste est longue, le résultat est là. A travers les âges, la pratique se positionne comme un marqueur de hiérarchisation sociale.

L’anecdote tattoo

Tout le monde connaît Prison Break ? Et bien voilà qui devrait vous rappeler quelque chose.

En 1920, le tatouage prend une place importante dans les prisons de Russie. Bien loin du plan d’évasion de Michael Scofield, les prisonniers se tatouaient un curriculum vitae pas comme les autres ! A l’aide de codage (et oui, pas bête), ils marquaient sur leur corps leur parcours criminel (on est bien loin du journal intime, discrètement caché sous l’oreiller). Ils ont poussé le truc encore plus loin, car le nombre de tatouages et les différents motifs donnaient des indications directes (ou pas) sur le pourquoi du comment ils ont été emprisonnés, mais aussi la durée. Et devinez quoi ? Cela mettait en place une sorte de hiérarchie dans les prisons. On en revient donc à notre fameux marqueur social.

Comme on vous sent perplexe, voici le déchiffrage de quelques codages :

  • La tête-de-mort : condamnation pour meurtre (bon ok, celui-là il était simple)
  • Les coupoles d’églises sur le torse : le nombre de séjours en prison (déjà plus dur)
  • La sirène : peut parfois correspondre à un abus sexuel sur mineur (beaucoup moins drôle…)

Aujourd’hui

Après avoir traversé les siècles, le tatouage a bien changé. Souvent associé à l’univers « underground », il a su se démocratiser et trouver sa place. Et pour cela, on remercie les grandes stars de la musique qui, petit à petit, ont redoré son image pour en faire un élément « phare » de la pop culture. Aujourd’hui, il attire de plus en plus de personnes. A l’appui, un sondage d’IFOP, datant de novembre 2016. Effectué auprès de 1002 Français, le résultat est frappant. 14% ont déjà été tatoué, et dans la tranche d’âge des 18-24 ans, cette proportion s’élève à 26%. Un pourcentage qui tend à augmenter.