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La petite histoire #40 : le Festival de Cannes

Cannes, la Croisette, le soleil et la plage. Un paysage qui fait rêver, mais surtout, un atout qui lui vaut la place de capitale du cinéma international. Le festival de Cannes est l’évènement le plus médiatisé au monde après les Jeux Olympiques. Pourtant, peu de personnes en connaissent vraiment l’histoire. Retour sur les origines d’un rendez-vous devenu incontournable.

Source : YouTube

Les origines

C’est en 1937 que tout commence. Lors de l’exposition universelle, la France commence à vouloir améliorer son prestige culturel. Et quoi de mieux pour cela que d’organiser une compétition internationale autour des films ? Mais c’est seulement à la fin des années 30 que le projet prend forme. Philippe Erlanger, Emile Vuillermoz et René Jeanne, tous trois des intellectuels, sont choqués face à l’ingérence politique (ndlr : fascismes allemand et italien) lors de la sélection des films pour la Mostra de Venise. Ils décident alors de créer leur propre festival. Ni une, ni deux, les trois hommes soumettent l’idée à Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front populaire. En 1939, avec l’aide d’Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, Jean Zay crée le Festival de Cannes. La faute à la guerre, la 1re édition n’aura lieu qu’en septembre 1946.

Oui, mais pourquoi Cannes ?

Wikimedia – Lord H.B

C’est un peu par hasard que ce village de pêcheurs se fait connaître. Aujourd’hui, la ville est un incontournable de la Côte d’Azur. Si l’on doit remercier quelqu’un pour cela, c’est bien le chancelier anglais, Lord Henry Brougham. En 1834, alors qu’il faisait route vers l’Italie, l’épidémie de choléra le pousse à faire demi-tour. Le voilà arrivé à Cannes et c’est le coup de foudre. La petite ville de l’époque devient sa résidence secondaire pour l’hiver. Un choix qui ouvre la voie à de multiples colonies temporaires venues d’Angleterre, de Russie… Très vite, Cannes devient une destination balnéaire prisée. Au début du 20e siècle, les hôtels de luxe arrivent et, peu à peu, la ville commence à s’imposer. Face à Biarritz, son cœur balance, mais Jean Zay finit par choisir les bords de la Méditerranée.

L’évolution

Lors des 1ères éditions, le festival se tient au Casino municipal. Plus tard, le Palais des festivals est construit, spécialement pour accueillir l’évènement. En 1982, il est remplacé par le palais actuel.

Anecdote : face à une architecture assez particulière, l’opinion publique est divisée. La structure est alors baptisée « le bunker ». Ce qui fait sa notoriété : ses 24 « marches de la gloire ».

Initialement, le Festival est créé pour récompenser les meilleurs films, réalisateurs/réalisatrices, acteurs/actrices. Un rôle qui n’a pas changé aujourd’hui. Pourtant quelques modifications ont bien eu lieu. Si les premières années tournaient autour de la Sélection Officielle (ndlr : une vingtaine de films sélectionnés et présentés par le délégué général et le président du Festival), au fil du temps, d’autres sélections ont vu le jour. Parmi elles :

  • Le marché du film de Cannes, en 1959. Le 1er au monde et sans doute le plus connu
  • La semaine de la critique, en 1962
  • La quinzaine, en 1969
  • Un certain regard, en 1978 (qui reste non compétitive jusqu’en 1998)
  • La cinéfondation, en 1998

Les prix aussi évoluent, puisque certains sont créés en cours de route. Notamment : le prix du Jury, le Grand Prix et la fameuse Palme d’or.

Aujourd’hui

Les statistiques de l’évènement ne vont pas dans le sens de la cause féministe. En 70 sélections, seulement douze présidentes et une seule Palme d’Or attribuée à une femme. Mais la 71e édition est un peu particulière, car si les mentalités changent, le Festival aussi. Cette année, Cate Blanchett, féministe et engagée, préside le jury. Samedi 12 mai 2018, elle réunit sur les marches, avec l’aide de la réalisatrice Agnès Varda, 82 femmes. Le but : réclamer « l’égalité salariale ». Une montée des marches 100% féminine. Du jamais-vu dans toute l’histoire du Festival.