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La Musique construit l’Histoire

Pour nous, chaque journée commence de la même manière, en musique. Le son choisi varie en fonction du temps, du mood, de comment on souhaite débuter la journée. Ce qui compte c ‘est de ressentir l’émotion, le feeling. D’avoir ce « petit truc » qui vous motive, qui vous transcende. Puis le trajet direction le travail. Entre trente et une heure dans sa bulle à découvrir des morceaux ou les réécouter. La musique est un puissant fond sans fin. C’est ce qui est passionnant. Elle n’a pas de limite et se réinvente chaque jour à travers de nombreux artistes. On vous a présenté l’histoire de la musique, de ses genres, de ses rencontres, du fait que ce soit un outil de communication. Mais si l’on inversait les choses et que l’on parlait de la musique dans l’Histoire ? Celle avec un grand H. Car sachez le, elle s’est trouvée dans toute genre de situation, à tous les endroits du globes, à toutes les époques. Enquête !

L’Histoire se définit comme « l’étude du passé de l’humanité » et la Musique est l’art de combiner des sons selon des règles. La première est propre à chacun et est enseignée de manière différente. Chaque pays a son Histoire. Tout comme chaque pays à sa musique. Aujourd’hui, il est facile de voir l’impact de la musique dans les différents événements à travers le monde. Prenons pour exemple Gloria Gaynor lors de la coupe du monde 1998 ou le fameux Ramenez la coupe à la maison de Vegedream. Les gens s’unissent derrière une chanson pour s’encourager et se remémorer une période. Mais elle n’a pas servis que lors de rassemblement sportifs ou festifs… 

La musique durant l’esclavage

C’est une période des plus sombres de l’humanité. Quand, au nom d’une différence de couleurs, des personnes sont traitées comme de la marchandise, du bétail… La période coloniale a entraîné la déportation de près d’un million d’africains vers le Nouveau Monde. Au nom d’une « idéologie » dont nous nous étalerons pas. Restons sur la musique. Car cette dernière a été omniprésente et a eu une importance clé pour les Noirs. 

En effet, privé de tout, il était nécessaire de garder une culture et de rester unis face à l’oppresseur. Les chants l’ont permis. Tout d’abord à travers les chants religieux pour montrer l’unité et la différenciation. Un meneur harangue la foule qui lui répond avec ferveur. Cela permettait de communier ensemble pour un monde meilleur. Outre la Religion, il y avait aussi les chants de travail (work songs). Pour garder le rythme et trouver de la force. 

Source: Youtube

Ironie du sort, des centaines d’année plus tard, la musique noire est très implantée aux Etats Unis et dans le monde entier. Autrefois non considéré, leur génie musicale a révolutionné la musique et donné naissance à bon nombre de genres. 

Source: Youtube

Torture en musique…

Nous écrivions que la Musique adoucit les moeurs. Qu’elle est salvatrice, qu’elle rassemble. Malheureusement certains ont détourné son utilité à des fins bien moins vertueuses… En 2003, des révélations chocs faisaient états que dans les camps de Guantánamo et d’Abu Grahib l’usage de la musique dans les cellules permettait de jouer sur les l’état psychique et auditif des prisonniers. Imaginez un instant, de la musique assourdissante jouée en continue… sans relâche même quand vous essayez de dormir. Un plaisir qui se transforme rapidement en enfer. 

Différentes études et témoignages ont aussi montré que la musique était utilisée à des fins de tortures dans les camps de concentration. Elle était omniprésente, du matin au soir, dans n’importe quel contexte. Jouée par des hauts parleurs ou des groupes de détenus contraints. Elle traduisait une certaine violence pour peser sur l’état psychologique…

La ségrégation des noirs aux USA

L’abolition de l’esclavage n’a pas instauré l’égalité des droits des hommes . Le combat a continué. Le Civil Rights Movement – mouvement pour les droits civiques – prône l’égalité pour les Noirs américains par l’abolition de la législation instaurant la ségrégation raciale. La figure de proue de ce mouvement est le pasteur Martin Luther King qui cite notamment dans l’un de ses discours à Memphis en 1968 une chanson , We Shall Overcome, qui est un hymne à la paix entre les peuples. Encore une fois, la musique est une inspiration.

« We shall overcome.  We shall overcome.  Deep in my heart I do believe we shall overcome.  And I believe it because somehow the arc of the moral universe is long, but it bends towards justice. « 

« Nous allons vaincre. Nous allons vaincre. Au fond de mon coeur, je crois que nous allons vaincre. Et je le crois parce que, d’une manière ou d’une autre, l’arc de l’univers moral est long, mais il se penche vers la justice. « 

La traite des Noirs a instauré l’ère du blues. La vulgarisation de ce genre s’est faite avec la création du disque vinyle dans les années 50. La musique dite noire jusque là se démocratise. De nouveaux clubs de nuit apparaissent où la mixité est tolérée. Le premier est le Café Society, où la grande Billy Holiday fera un carton notamment avec son morceau Strange Fruit qui parle de la mort des Noirs par pendaison encore en vigueur en dépit de l’abolition de l’esclavage.

Source: Youtube

Berry Gordy a fondé la Motown qui est une compagnie de disques créée en Janvier 1959. Son objectif est de proposer des musiques qui peuvent séduire à la fois les public noir et blanc. Il produit et distribue de grands noms comme Diana Ross ou Marvin Gay avec sa fameuse chanson What’s Going On et Michael Jackson.

La lutte contre l’apartheid

Nelson Mandela est une figure emblématique de la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Ce mouvement était une politique du pays qui affectait les populations en fonction de critères raciaux et ethniques. Le combat contre ce système a enflammé le monde entier. Des artistes ont écrit et interprété des chansons de protestation et d’espoir encore une fois.

Nous pouvons citer par exemple Johnny Clegg avec sa chanson Asimbonanga. Dans celle-ci, il réclame la libération de Nelson Mandela. En 1999, il a chance de voir ce dernier arriver à l’improviste à son concert.

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Le chanteur sénégalais Youssou N’Dour déduit également une chanson au futur président de l’Afrique du Sud qu’il intitule tout simplement Nelson Mandela. Encore une fois, musique et histoire font des étincelles.

Des études ont montré que le corps produit de la dopamine – aussi appelé hormone du plaisir – quand nous écoutons une musique, un son qui nous plait. C’est ainsi que la musique est un véritable acteur silencieux…ou pas de nos vies. Notre article est orienté vers l’histoire et les grands combats des peuples. Il faut préciser que l’effet de la musique sur le cœur et l’esprit permet de dynamiser ces moments de révolte et/ou d’espoir. Dans l’histoire de la planète, la Musique a eu un gros impact dans les changements et l’évolution des populations. L’amour entre l’Histoire et la Musique est donc un mariage heureux.

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