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La fête est finie – EPILOGUE : OrelSan avait de la suite dans les idées

Un an après la sortie de son troisième album solo “La fête est finie”, OrelSan a surpris tout son monde en sortant 11 titres inédits pour un “Épilogue” décapant. Onze morceaux écrits pour la plupart durant sa tournée.

Il a annoncé la nouvelle à sa manière, sur les réseaux sociaux. Le rappeur caennais a pris tout le monde à contre-pied en sortant 11 nouveaux titres sur “La fête est finie – EPILOGUE”. Quinze jours après le bijou de Gringe, son acolyte des Casseurs Flowters, Orel n’a pas fait dans la dentelle.

Un rappel déguisé

C’est un peu l’impression laissée après les premières écoutes. Certains titres sont en fait les suites (logiques) de morceaux présents sur son troisième opus, “La fête est finie”, vendu à plus de 500 000 exemplaires. Bingo, sur “La famille, la famille”, le Normand fait son mea culpa suite à son discours peu reluisant sur son propre entourage sur “Défaite de famille”. A sa manière, évidemment, toujours avec ce même ton nostalgique. La famille est de nouveau présente sur le titre “Mes grands-parents”. Un son qu’il avait joué sur les ondes de France Inter il y a un an à l’occasion de la sortie de “LFEF”. La famille, un étendard pour les rappeurs ces derniers temps, puisque le deuxième album de Lomepal qui sortira le 7 décembre prochain et sur lequel OrelSan s’est incrusté, s’intitule Jeannine, en hommage à la grand-mère de l’artiste parisien. L’impatience nous guette.

Dis-moi c’que tu rêves d’entendre, j’te mentirai avec une voix d’enfant,
J’traverserais la planète en rampant, j’passerais l’reste de ma vie à faire semblant,
Droit dans les yeux, j’te mentirai, tu verras qu’du feu, de la fumée,
Je sais, c’est naze, mais c’est trop tard, c’est comme ça, j’laisserai pas juste une histoire tout gâcher – Excuses ou mensonges

Toujours dans la série “Orel a de la suite dans les idées”, le titre “Adieu les filles”, que les fans ont pu entendre lors de la tournée, démontre une nouvelle fois le paradoxe OrelSan. Un personnage mélancolique et amer, qui se montre pourtant fier de ce qu’il est devenu aujourd’hui, notamment sur le plan sentimental. Un paradoxe qui se manifeste également sur le texte de l’entraînant “Excuses ou mensonges” ou du très oriental “Dis-moi”. La frontière est mince, parfois.

Des sons puissants

Niveau musique et flow, les titres “Fantômes”, “Tout ce que je sais” feat YBN Cordae et “Rêves bizarres” feat Damso sont clairement au-dessus. Si les textes sont tranchants et lucides, les prod’ sont tout simplement dingues. En même temps, comment peut-il en être autrement lorsque Skread et Phazz sont à la baguette ?

A propos de “Rêves bizarres”, la sortie du clip 24h avant celle de l’Epilogue a débouché sur un véritable raz-de-marée, avec plus de 2 millions de vues, en même pas 48h. Un chef d’œuvre signé Adrien Lagier et Ousmane Ly, les deux réalisateurs en vogue ces derniers temps dans le milieu du rap français. On comprend mieux pourquoi.

Orel fait le bilan

En effet, “La fête est finie – EPILOGUE” est aussi l’occasion pour OrelSan de faire le point sur les derniers mois écoulés. Car il faut être honnête, c’est une année folle que vient de vivre l’artiste. Disque de diamant, une très longue tournée dont un passage par le Canada et les États-Unis, un succès fou pour celui qui avoue avoir du mal à vivre cette notoriété. Sur EPILOGUE, c’est le titre “Discipline” qui marque les esprits au sujet de son année 2018. Le natif de Caen a trouvé son inspiration entre les sollicitations et les critiques,  et il le fait savoir sur, sans doute, LE morceau de cette réédition.

Pas besoin de m’dire « merci », j’suis l’premier qu’ça divertit,
J’pensais jamais m’investir jusqu’à c’que j’rencontre une fille,
En soirée que j’voulais revoir le jour d’après,
Et l’jour d’après, et tous les jours d’après,
C’est la deuxième fois qu’une femme me porte, j’renais, j’ai trouvé une deuxième force,
Nouveau jour, nouvelle ère, nouvel ordre, j’fabriquerai pas des nouveaux remords – Épilogue

Un bilan qui prend davantage d’ampleur sur le titre éponyme “Épilogue”. Toujours un sentiment de vague à l’âme mais cette fois, OrelSan avoue avoir “fait l’deuil d’une époque”, celle qui l’a menée jusqu’à ce qu’il est devenu aujourd’hui, un artiste plus mature qu’il n’y paraît.

Avec ces 11 titres flamboyants, OrelSan clôture ainsi “le dernier volet d’la saga”, mais surtout la trilogie composée de “Perdu d’avance” (2009), “Le chant des sirènes” (2011) et “La fête est finie” (2017). Neuf années durant lesquelles ce travailleur plus acharné qu’on ne le croit aura, à travers son rap, dévoilé son intimité, ses angoisses et son côté sombre, en montant le curseur d’un cran à chaque fois. Une trilogie qui a façonné un artiste, inventif et qui ne rentre dans aucune case, même aujourd’hui après l’immense carton de “la Fête est finie”. La suite promet d’être surprenante, une fois de plus. Sans doute aura-t-il encore de la suite dans les idées…

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