Le jean, simple tissu ou vêtement d’histoire ?

Ah, le jean. On le connaît troué, déchiré, (dé)coloré, simple, unique, différent… C’est fou comme on l’aime ! Alors peut-on dire de lui qu’il ne s’agit que d’un vulgaire bout de tissu ? Si le jean peut être plein de choses à la fois, on sait qu’il renferme aussi énormément de secrets … Vos secrets !

©Le Ticket Mode

Né il y a plus d’un siècle et demi en Amérique, le jean est l’un des rares vêtements à avoir une histoire riche derrière lui. Ce dernier a connu différents statuts (vêtement ouvrier, vêtement rebelle, vêtement unisexe…), et a su diffuser plusieurs messages, soutenir différentes causes (immigrés américains, féminisme, jeunesse rebelle, …).  A l’heure actuelle, le blue-jean est d’ailleurs considéré par les experts de la mode comme  un indispensable de la garde-robe (c’est un constat qu’on ne peut s’empêcher de faire, au vu des 250 modèles vendus chez les Grands de l’industrie du jean comme Levi’s son pionnier).

L’origine : le tissu

Le denim est un objet très important dans le monde du jean, et Daniel Miller le qualifie même comme essentiel (D. Miller, Le blue-jean : pourquoi la « technologie vient en dernier, 2009). Il définit le denim comme étant un textile croisé au sein duquel les fils de chaîne qui sont teints en indigo sont tissés sur une trame de fils blancs. Le denim est alors un aspect technique qui va aider à  donner vie au jean, à  le singulariser.

« La mode est une production et une reproduction permanentes du social »

Frédéric Godart.

Le jean, un symbole ?

Incontestablement, le jean est un intemporel, un indémodable, et un indispensable de la garde robe, au même titre que la petite robe noire. On le voit à travers les différentes couvertures des magazines de mode, un nombre important d’articles sur le sujet, ou encore via les personnalités qui deviennent effigies du blue-jean (Les essentiels de David Beckam pour H&M par exemple) ou lui chantent leur amour inconditionnel (Lana Del Rey, Blue Jean).

Effet de mode, symbole de la mondialisation, ou encore symbole de différents combats ? Le jean a toujours su être porteur de message, et a souvent été reprit par des personnalités à l’image de James Dean, Marilyn Monroe, ou de façon un peu plus actuelle Rihanna ou Cara Delivigne. Des stars, des modèles, qui ont su véhiculer leur « cool attitude » à travers leur jean. En septembre 2014, il se vend 2 milliards de jeans dans le monde, et 63 millions en France. Un chiffre conséquent lorsque l’on sait que le chiffre d’affaires moyen des entreprises et emplois du textile français est de 2,735 millions d’euros en 2013.

Des chiffres représentatifs, mais pourquoi porte t’on le jean, pourquoi l’aime-t-on, et plus encore, le vit-on ?

Le jean, une histoire d’amour

Le jean est un vêtement « passe-partout », à la fois « cool et habillé », qui peut être porté à toute occasion. Mais pourquoi y sommes-nous attachés ? On ressent en effet une certaine proximité avec le vêtement qui, au fil du temps, épouse nos formes et vieillit à force d’être lavé. En fait, à notre image, le jean a une vie, ce qui l’amène à s’user à travers nos expériences de vie, et ce qui a pour conséquence qu’on le chérit d’autant plus.

Aux Etats-Unis, le jean est qualifié de « légende ». Il est d’ailleurs élu dans les années 2000 « Vêtement du 20ème Siècle » par Time Magazine, et ce devant la mini-jupe ou encore la « petite robe noire » nous explique Marc Mousli dans un article. Une popularité qui gagne au fil des ans, au point de devenir une pièce essentielle en matière de mode. D’ailleurs, une vidéo retrace parfaitement 100 ans de style en deux minutes. Aussi, retrouve-t-on la femme du 21ème Siècle tout de jean vêtue. Un compagnon régulièrement vu depuis un peu plus d’un siècle ?

Ainsi est là l’un des plus gros arguments de vente de Levi’s. En plus de son histoire qui fait sa fierté, avec le 501® original® qui est le tout premier modèle créé par Levi’s en 1873 (et qui représente encore actuellement la moitié des ventes de la marque Levi’s) ; le leader mondial a bien compris qu’il existait un lien fort entre le jean est son possesseur. En effet, au travers de ses publicités se dégage la fusion que l’on peut avoir avec notre pantalon.

Pub Jeans Levi’s 2014. Source : YouTube

« Adorez-le », « Sortez-le », « Roulez-le », « Déboutonnez-le », « Boutonnez-le », « Réinventez-le », « Maltraitez-le », « Mais que jamais il ne s’ennuie ».

Des mots forts, des slogans, des images qui représentent des scènes quotidiennes, et tout simplement la vie. Cette publicité de chez Levi’s est peut-être celle qui représente au mieux la relation que l’on entretient avec son jean. Plus qu’un pantalon, le jean devient un compagnon de vie, un témoin clé du quotidien de nos souvenirs.

Une évolution constante

Pour Daniel Miller, il est difficile de donner une vraie définition au jean, au sens sociologique, puisque le sens de celui-ci change selon les cultures. Après des recherches et une étude de terrain, Miller a pu remarquer que le jean n’était pas toujours associé à l’américanisation. Certains le pensent originaire d’Inde, d’autres d’Allemagne. Pour autant, la version officielle reste que l’idée du blue-jean vient bien de Levi’s, et a donc vu jour en Amérique.

La plus grosse différence en terme de définition reste celle du blue-jean considéré comme outil, et celle qui blue-jean considéré comme vêtement. En effet, à l’époque de sa création, le jean était essentiellement un outil de travail, ce qui poussait les pionniers à ne pas avoir d’autres critères que la solidité. Mais via l’évolution de la société, la définition du blue-jean a elle-même subit une modification. Aujourd’hui, on ne parle plus d’outil mais de vêtement, bien que les jeans soient parfois utilisés dans le cadre du travail, ou encore dans le domaine scolaire en tant qu’uniformes.

Au fil du temps, Levi’s a fait en sorte d’améliorer son jean originel pour répondre à la demande du consommateur. C’est d’ailleurs ce qu’il a toujours fait. Si à l’époque il a écouté les travailleurs qui demandaient des pantalons résistants avec des poches dans lesquelles ils pourraient ranger leurs outils, aujourd’hui la marque fait des jeans avec de meilleures coutures, un tissage plus fin et des boutons beaucoup plus résistants.

Chaque jean raconte une histoire, un vécu. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut considérer le jean comme un vulgaire bout de tissu.

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