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L’île aux chiens : une île à ne pas mettre un chien dehors…

Dans le Japon imaginaire, dystopique, rétro-futuriste, une épidémie de grippe aviaire version canine déchaîne une peur panique chez les habitants de Megazaki. Le maire décrète une quarantaine immédiate de tous ces animaux de compagnie déportés sur une île-déchetterie radioactive, transformée en fourrière-léproserie : l’île aux chiens.

Le jeune Atari, 12 ans, décide seul de partir à la recherche de Spots, son chien de garde, à bord d’un jet volé qui va s’écraser en douceur sur un matelas d’ordures. Flanqué d’une meute de cinq chiens téméraires, Chief, Rex, King, Duke et Boss, il va mettre à jour une sombre affaire de conspiration politique.

image du film l'île aux chiens

Chief, King, Atari, Boss, Rex et Duke.,L’île aux chiens (Photo Allo Ciné)

Ami des chats ou ami des chiens ?

Il faut choisir. L’histoire débute par un « anime » d’une légende japonaise (inspirée par les fameux graveurs du XIXe siècle : Hiroshige et Hokusai) qui dépeint le déchirement entre deux clans de samouraï qui s’entre-tuèrent pour la suprématie des chats ou des chiens, dans une série parodique de magnifiques estampes enlevées par la musique menée à tambours battants d’Alexandre Desplat.

Vous avez toujours rêvé de savoir ce que se raconteraient les chiens entre-eux s’ils avaient la parole ? C’est chose faite. Et ils sont incroyablement bavards, qui de rapporter des racontars, qui d’appeler à voter à tout bout de champs, qui de raconter sa vie, qui de draguer…

Le plus long métrage d’animation image-par-image (1h41)

Après Fantastic Mr. Fox, Wes Anderson met à profit sa nouvelle expertise dans le domaine pour retenter l’aventure avec le stop-motion. Il dirige ses acteurs dans ses films précédents (La Vie Aquatique ; Moonrise Kingdom ; The Grand Budapest Hotel...) comme des poupées, à la “Tintin et Milou“, et ses marionnettes dans cette animation comme des grandes personnes, toujours stylisées, élégantes, loquaces, pinces-sans-rire.

Ceci est un hommage amoureux au cinéma japonais, en particulier les films d’Akira Kurosawa (Chien enragé ; Entre le ciel et l’enfer ; Les salauds dorment en paix…), dont l’acteur fétiche, Toshiro Mifune, prête ses traits à la figure du vilain maire de Megazaki. Les films d’animation d’Hayao Miyazaki sont aussi une source d’inspiration, eux-même fortement influencés par la culture européenne. On retrouve aussi la « nouvelle vague japonaise » avec ses films de révolution étudiante à la mai 68 tokyoïte (tel Nuit et brouillard sur le Japon). On peut citer encore les films d’enfants du génie Yasujiro Ozu (Bonjour ; Une auberge à Tokyo ; Le fils unique).

affiche du film L'île aux chiens

(Photo Allo Ciné)

L’île aux chiens (2018/Wes Anderson)

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