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House of Cards saison 6 : le féminisme utilisé pour manipuler les foules 

Claire Underwood est aux manettes du pouvoir dans la dernière saison de la série House of Cards.  Après l’éviction de Kevin Spacey, et donc de son personnage Frank Underwood, le féminisme est la stratégie de Claire pour parvenir à ses fins.

Frank Underwood est mort. Les scénaristes ont pris cette décision après que Kevin Spacey, interprète du président des Etats-Unis, soit concerné par plusieurs plaintes pour viols et harcèlements sexuels. Ce revirement n’était pas compliqué à réaliser. À la fin de la saison 5, Claire Underwood succédait déjà à son mari au poste de dirigeant de la nation américaine. Dans la sixième et ultime saison de House of Cards, c’est elle qui s’adresse face caméra aux téléspectateurs.

Qui a tué Frank Underwood ?  

Selon Melissa Gibson, co-réalisatrice de la série, dans une interview pour  20 Minutes : « House of Cards n’est pas une série sur le pouvoir, c’est une série de couple. » Malgré sa mort, Frank hante la Maison Blanche. Le couple qui arboraient une complicité sans faille pour gérer leurs affaires politiques sont aujourd’hui en guerre. Une guerre posthume menée par Claire, prête à tout pour dilapider ce qui reste de son mari. Si Frank vous a paru inhumain, son double féminin le sera tout autant, si ce n’est plus. 

 

©Allociné

Les raisons de la mort de Frank Underwood ne sont révélées qu’à la fin de la saison. Patience donc, il faudra affronter les traditionnelles manipulations, trahisons qui ont fait le style de la série. Au risque de reproduire sans cesse la même logique. L’on menace de faire tomber les Underwood, ces derniers trouvent les failles de leurs ennemis. Ils s’en servent pour les faire tomber. Si cela ne fonctionne pas, ils les éliminent physiquement. 

Qui veut la peau de Claire Hale ?

Pour détruire la mémoire de son mari, Claire va jusqu’à récupérer son nom de jeune fille. Après avoir remercié l’ensemble de son cabinet, elle en forme un nouveau entièrement féminin. Elle le dit clairement : elle ne laissera plus aucun homme prendre des décisions à sa place. La série a été tournée en plein mouvement #Metoo. Les réalisateurs ont imprégné leur scénario du phénomène de libération de la parole des femmes survenus après l’affaire Weinstein. Dommage que cet excès de féminisme soit utilisé par le personnage de Claire Hale pour mieux dissimuler ses crimes. 

Dans le « toujours plus », la série House of Cards a toujours voulu montré ce qui se fait de pire en politique. Les stratégies les plus abominables. Les politiciens utilisant l’armée, la sécurité intérieur, la guerre, pour manipuler les foules. Le couple Underwood (dont le jeu est irréprochable) fascine par sa relation ambivalente. Il ne correspond en rien aux normes sociales de l’Amérique puritaine accordant une grande importance au mariage, à la famille, aux belles apparences de leurs hommes politiques (traditions, certes, remises en cause avec l’élection de Trump). 

Dans cette saison, Claire utilise le féminisme pour contrer toutes les critiques concernant sa gouvernance. Si les réalisateurs voulaient se repentir d’avoir embauché Kevin Spacey, accusé d’être un prédateur sexuel par plusieurs personnes, en donnant un échos au mouvement #Metoo, ils ont surtout montré comment la cause féminine pouvait être utilisée à mauvais escient. Ce n’était peut être pas nécessaire, dans l’immédiat…

 

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