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Une histoire de dépression : T’as pas le moral ? t’as un coup de mou ?

Dépression ? Un jour comme les autres ? Pas vraiment, aujourd’hui le coeur n’y est pas, aujourd’hui le coeur flotte entre l’estomac et le pancréas…

Vous reprendrez du café avec votre sucre ? Chaque bruit vous agace, vous klaxonnez plus fort, vous êtes celui qui soupire le plus dans la queue. Et la journée ne fait que commencer…

Au bout de ta vie, au bord du précipice

“Commence pas, je suis pas bien réveillée là”

“Oh, t’écoutes ?”

“Oh ça va, je suis pas d’humeur aujourd’hui”

“Ça fait 30 min que t’es sur la même slide”

“J’ai pas réussi à rester concentré”

“J’ai pas été productif aujourd’hui”

“Je me sens pas bien…”

“Ça ne changera rien…”

“Je laisse tomber, ça me saoule”

“Ça fait deux semaines qu’elle est pas sortie de chez elle”

Dans le métro on se perd une, deux fois, à travers deux phrases qui riment, sur une affiche de publicité ou sur une vitrine interactive d’Air France, on se laisse aller sur son siège, au rythme du métro…

On fixe le voisin et on se perd dans une musique : quelques moments inconscients, bien mérités et bienvenus.

(Ah, en fait, il reste deux arrêts… )

Même si vous êtes assis derrière le volant d’un cabriolet (vous n’en n’avez pas vous dîtes ?), vous en ressentez les effets, le corps lourd, les battements de cœur presque sourds.

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

Le coup de mou et la dépression déguisés sont devenus de véritables compagnons de vie : entre le 9h-17h et les difficultés de la vie, difficile de ne pas se faire avoir.

Un peu déconnecté ? Trop passif ? Presque vide ?

Il y a une danse très lancinante que le coup de mou manie très bien : soudain, tout autour de soi, tout commence à perdre sa saveur…

Mais en réalité, le coup de mou est beaucoup trop éphémère pour en parler, après le sixième café, vous le renvoyez immédiatement dans les coulisses, vous avez une réunion à préparer, un empire à bâtir et des blagues hilarantes à partager.

Dans les coulisses, la dépression a eu le temps de se forger et elle, elle n’est pas prête à se faire petite.

(Oui, elle n’est pas encore morte dans le film… Pas drôle, un peu dépassé ? Oups.)

Que vous ayez 15 ans ou 85 ans, je suis navrée de vous annoncer que la dépression n’a pas encore choisi de favori.

Alors que la Corée était déclarée au bord de la “dépression nerveuse nationale” il y a presque 10 ans, près de la moitié de la population française est aujourd’hui affectée de près ou de loin par la dépression. Une des principales actions de l’Organisation Mondiale de la Santé a été de créer Thinking Therapy, un programme qui couvre l’utilisation de la thérapie comportementale et cognitive pour la dépression périnatale.

La dépression, malaise de la civilisation occidentale ? Donc typiquement occidentale ? Pas sur…

Au Gabon, en Croatie, en passant par l’Afghanistan, c’est une autre chanson, une dépression plus prononcée, plus sévère que dans nos présomptions. Et en Afrique subsaharienne, presque 85% des femmes n’ont pas encore accès aux soins adéquats.

On se sent un peu moins seul d’un coup ?

Déprimer est vécu de manière tellement unique qu’il est impossible de ne pas reconnaître les symptômes chez un proche.

Et pourtant, en terrasse, en parler est encore tabou, on attend que certains se manifestent et puis on cache nos incertitudes sous l’oreiller, le même oreiller mouillé qui en a assez d’être mouillé.

Et en parler, pour y accorder trop d’attention ? Non surtout pas !

“T’as tout ce qu’il te faut pourtant”

“Il a les thunes, c’est quoi son problème ?”

“Y’a pire que toi…”

“Viens on va faire un peu de shopping, ça va te passer”

Ah les fameux sonnets !

On les a déjà entendus…

On connaît aussi le pouvoir tue-l’amour de la dépression, donc on l’emporte cachée avec soi partout, derrière quelques sourires Freedent, derrière des accolades franches et généreuses.

Et puis il suffit d’un moment de silence en pleine soirée pour qu’elle revienne frapper à notre porte, frapper de l’intérieur, intense et douloureuse.

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

Vous remerciez votre pote qui vient de vous réveiller avant que vous ne plongiez dans l’au-delà de ténèbres insidieuses et malicieuses (j’y vais un peu fort ?).

Au travail, c’est tout aussi tabou, on n’ose pas trop en parler et pourtant avec le bagage professionnel vient le bagage émotionnel de chaque individu, on l’oublie celui-là, on le néglige sans cesse celui-là…

“Quelles sont vos qualités ?”

“Parlez-moi d’un challenge auquel vous avez été confronté au sein de votre ancienne entreprise”

Ah pardon, on laisse ses problèmes personnels à la porte, oui mais on oublie qu’ils affectent votre performance, votre motivation et bien souvent votre implication.

Derrière la dépression : le bouton d’urgence

“La peur est le chemin vers le côté obscur :

la peur mène à la colère,

la colère mène à la haine,

la haine… mène à la souffrance” –  Maître Yoda

Un peu manichéen vous dîtes ? Ptêt bien que oui, ptêt bien que non.

Et bien pourtant la dépression ne frappe pas du jour au lendemain, inconsciemment, sans votre consentement, à votre porte.

Elle s’insinue lentement et très doucement…

Tout commence souvent avec la frustration de ne pas se sentir à la hauteur, ou bien l’impression que tout nous échappe…

Cela s’enchaîne quand votre dialogue intérieur vous force à vous éloigner de la réalité : propos peu élogieux et pensées négatives.

Tout se poursuit quand votre estime de soi est définitivement mise à l’épreuve.

Cela se perpétue avec une colère presque inavouée, qui s’exprime de temps en temps après un verre de plus. Vous regrettez amèrement les deux remarques acerbes que vous avez déclarées à une soirée (vous ne le pensiez pas pas vraiment, si ?).

Dépression à 50 nuances ?

Troubles dysphoriques pré-menstruels (oui, oui ça existe, réellement), dépression mineure, dépression sub-clinique, les diagnostics cliniques sont nombreux …

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

Une puberté mal vécue ? Un début d’enfance rude ? Un parent omniprésent ? Des parents absents ? Les causes sont presque aussi variées, quoiqu’il en soit, les cas ne sont pas isolés et surtout vous pouvez remonter aux causes de votre affection mentale très rapidement.

Les substances psycho-actives ne feront pas l’affaire et vous ne ferez pas long feu : à l’aide d’un thérapeute ou bien en votre propre qualité, creusez dans vos traumatismes antérieurs et exposez les émotions qui se trouvent dans le placard.

Pourquoi prendre cela très au sérieux ? Parce que la dépression est co-alliée tôt ou tard d’un cancer, de la maladie de Parkinson ou bien de troubles alimentaires.

Encore loin d’atteindre le nirvana dont parle le Dalai Lama ?

Allez, encore un peu de patience … On s’accroche !

Quand la vie te met une déculottée : choisis ton moment de grâce

“ C’est humain, après tout”, n’est-ce pas ?

Pourquoi certains événements vous affectent plus que d’autres ? Pourquoi le hasard s’acharne à vous charger de situations complexes à répétition ? Pourquoi n’arrivez-vous pas à passer au-dessus ?

Vous devriez vous poser la question en remontant le temps. Tout compte fait, je vous le déconseille, vous seriez tenté de remettre en question la personne que vous devenez jour après jour.

Peu importe ce que vous avez lu ou entendu, aucun de vos plans ne se déroulera comme prévu, inconsciemment ou consciemment notre but n’est pas de rôtir à vie sur une île déserte (Si ? Que ce serait ennuyant…).

Il y a des épreuves qui nous rendent plus taciturnes, et il y en a d’autres qui nous rendent plus résistants.

Une galère de vie sans fin ? Une situation financière désespérante ? Un cœur brisé ? Un échec ? Un autre rejet ?

Le choix est cornélien : sombrer ou se réjouir d’obtenir une leçon de vie inattendue.

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

Oser retourner dans l’arène, vous permet de prendre votre revanche et surtout de refuser une situation que vous subissez.

Le mot de la fin dépend de vos décisions quotidiennes.

Jour après jour, on met un pied devant l’autre et surtout on peut choisir de ne pas laisser une situation temporaire nous miner le moral.

Cliché ? Oui je sais, mais après une déculottée de vie, vient le recul nécessaire, le réconfort et les fruits d’une certaine récompense.

Pas de knock-out, pas d’évolution…

Ta dépression : une question de point de vue ?

La dépression est désormais connue par tellement de personnes, qu’il serait extrêmement égoïste de la subir dans son coin, vous ne croyez pas ?

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

Le monde ne s’arrêtera pas de tourner si vous disparaissez demain. Raconter un bout de votre parcours à qui en a besoin vous allègera et vous permettra d’aider une personne qui vit une situation semblable, la vulnérabilité est souvent belle à voir et bien accueillie.

Vous n’êtes pas un martyr oui, mais l’humanité de chacun d’entre nous réside dans nos ressemblances et dans nos différences.

Une véritable équipe de supporters (en votre propre qualité) ou celle de votre entourage est primordiale (bien souvent, ils attendent patiemment que votre nature se révèle. Alignez-vous à ceux qui n’ont aucun problème à vous soutenir, vous encourager et à vous applaudir).

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08

La vision de soi est souvent très erronée et soumise à une déformation difforme de la réalité.

Donc…

Cher shaolin,

https://www.youtube.com/watch?v=hTGJfRPLe08