HHhH : l’enfer et son visage

HHhH = Himmlers Hirn hers Heydrich (le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich) est l’acronyme pour désigner Reinhard Heydrich, haut dignitaire nazi. Cédric Jimenez raconte l’assassinat du chef de la Gestapo par des résistants tchécoslovaques à Prague en 1942. 

Cet événement de la Seconde Guerre mondiale a déjà fait l’objet de deux films en 1943 : Les Bourreaux meurent aussi, de Fritz Lang et Hitler’s madman de Douglas Sirk. HHhH est également inspiré du roman du même nom de Laurent Binet paru en 2010. Le nazisme continue d’inspirer le cinéma. Cédric Jimenez a fait le choix d’esthétiser son scénario par des plans ralentis,  des mouvements de caméra mais surtout, il a fait le choix de scinder son scénario en deux .

Une ascension express

D’abord l’histoire d’Heydrich dès lors qu’il se fait expulser de la marine allemande. Repéré pour son manque d’empathie et son obéissance sans limite, il se fait recruter dans la SS pour devenir très rapidement le chef de la Police d’Etat du IIIe Reich. Il devient alors le plus fidèle ami d’Himmler. La plus obéissante et la plus insensible des recrues. Celui qui sera l’auteur de la solution finale, celui qu’Hitler surnomme dans le film « l’homme au cœur de fer  ».

Dans HHhH, les drames de la seconde guerre mondiale sont palpables car reproduits minutieusement par le réalisateur. Il décrit l’Allemagne des années 40 par des reconstitutions soignées. Au même temps où les populations des territoires occupés par la Weimart organisaient la résistance. Apparaît alors Jan Kunis et Jozef Gaboik, deux tchécoslovaques envoyés par Londres pour assassiner le SS. La deuxième partie du film tourne autour de leur plan à hauts risques.

Les opposants exposés à des représailles sanglantes

Les deux jeunes hommes se sacrifient pour éliminer l’homme dont l’ascension destructrice au sein du nazisme doit s’arrêter. En commanditant – avec l’aide de la Grande-Bretagne – sa mort, les deux soldats s’exposent à des représailles dépassant la limite du concevable. Pour Hitler, la mort d’un haut dignitaire nazi, à cette époque décisive de la guerre, était plus grave que de perdre une bataille. Le film décrit de façon réaliste ce qui aurait pu s’éterniser si des destins libertaires n’avaient pas risquer leur vie, celle de leurs proches et celles de bien d’autres innocents.

Copyright Mars Films

Si certains reprochent au film de manquer de point de vue, HHhH a le mérite de propulser le spectateur dans l’enfer quotidien de la guerre, de montrer l’horreur de cette histoire seulement soixante-dix ans derrière nous. Les vies sont sacrifiées par centaines, milliers, millions… Des hommes et des femmes tués comme du bétail, qu’on accuserait aujourd’hui d’être maltraités. L’inhumanité sans filtre du personnage de Heydrich (Jason Clarke) est transperçant.

Le réalisateur Cédric Jimenez justifie dans une interview à mondocine.net les choix de construction de son film :

« Il y a d’un côté les nazis, le IIIeme Reich, la part la plus sombre de l’être humain. C’est un parcours destructeur et auto-destructeur, avec une notion de déshumanisation du monde entier et de parcours macabre. Et de l’autre côté, il y a tout l’inverse. Le sacrifice de soi-même pour sauver ce qui peut être sauvé d’humanité, pour protéger des innocents. On est sur deux pôles tellement forts et significatifs de ce que peut être l’être humain, dans ce qu’il a de plus sombre et de plus beau et sacrificiel. »

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le scénariste rappelle comment un film peut témoigner et figer l’Histoire. Faire ressentir un état d’esprit social une période où la vie en Europe ressemblait à l’Enfer. Cédric Jimenez le rappelle à nouveau : « cette histoire est encore proche et fraîche et c’est important de continuer à rappeler ces événements régulièrement pour ne pas qu’ils s’oublient ». On n’oublie pas.

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