Graffiti : à la rencontre d’un art incompris

L’humanité a commencé par l’art pariétal à savoir peindre sur des parois. Que ce soit pour exprimer des idées religieuses, personnelles ou simplement pour l’esthétisme ou le mercantile. Des siècles ont passé, l’art a évolué avec ses différents courants, ses virtuoses : Picasso, Dali, Rembrandt, Van Gogh et bien d’autres… Mais que dire des Howok, Oclock, Cope2, Mode2, ces peintres des temps modernes. Pour beaucoup ces noms ne vous disent rien mais pour les passionnés de Graffiti, ils font partiE des légendes.

 

Un art mondial mais “vendal”

Mais qu’est-ce que le graffiti ? La langue française le définit comme une « composition picturale à base calligraphique bombée sur un mur, une paroi ». La loi le définit comme « un art vandal, dégradant le paysage et répréhensible » d’après l’article 322 du code pénal. Attention, cet article n’a pas pour vocation de prôner la dégradation mais d’éclairer sur un art omniprésent  bien qu’encore méconnu pour une large partie du public.  

Certains diront que les hommes préhistoriques étaient les pionniers du mouvement. Les puristes ne reviendront pas jusqu’à la création de l’univers mais s’arrêteront plutôt dans les années 70 à New-York. Tout a commencé dans son métro par de simples tags (« écriture classique ») sur ses wagons. L’objectif premier : obtenir la reconnaissance de ses pairs. Être respecté pour avoir bravé l’interdit. Qui aurait pu penser, que 50 ans plus tard, ce mouvement deviendrait mondial et si populaire ? D’une poignée d’américains, nous sommes passés à des milliers de graffeurs à travers le monde : Brésil, Australie, Mongolie, République Tchèque, tous les pays étant touchés par ce mouvement. Tous voulant inscrire leur blase (pseudo) sur différentes surfaces et impressionner le public amateur ou connaisseur.

http://ltvsquad.com/2014/04/25/fact-nycs-graffiti-artists-were-the-original-u-s-urban-explorers/

En immersion

Il est impossible aujourd’hui de passer à côté : métro, autoroute, toits de paris, murs, poteaux, à l’aide de bombes aérosols, de marqueurs, de stickers, sous forme de collages. Mais qu’est ce qui pousse tous ces jeunes artistes de l’ombre à prendre de tels risques ? Certains diront la stupidité, l’inconscience, le manque d’éducation.  Nous avons donc décidé de passer une nuit en immersion, et d’interroger des jeunes passionnés pour comprendre leurs intentions. Le maître mot est le « danger », le frisson, une sensation que seuls les graffeurs peuvent comprendre. L’un d’eux nous dit « certains ont la drogue, d’autres l’alcool, nous on a le gue-ta ». Ces nuits passées entre amis formant un « crew » à errer dans les rues cherchant le meilleur spot pour être vus, ces jeunes adorent et estiment ne pas commettre un crime.

« On ne fait rien de mal. Chaque jour nous sommes agressés par les spots publicitaires, politiques et tout pour nous pousser à la consommation. Pourquoi moi qui décore les murs, suis-je considéré comme criminel ? ».

Conscient de prendre des risques, ils assument et cherchent simplement la possibilité de s’exprimer « à leur manière » dans une société gangrenée par le stress, l’oppression et l’obligation de rester dans le rang.

http://www.bombingart.com/membre-photos-19399-7.html
http://www.blog.stripart.com/art-urbain/jonone/

De l’ombre à la lumière

Aujourd’hui le graffiti est à son apogée et connaît un nouvel essor. Les anciens  comme Jonone, Nebay ont décidé d’entrer en galerie et d’exposer pour un public moins « underground ». D’autres comme Monsieur Chat et c215 surfent sur le street art et se font connaître à travers le monde. Les musées ont intégré ce nouvel art comme le Grand Palais avec l’exposition « le tag ». Les marques de luxe comme Louis Vuitton, Chanel ont sorti des collections intégrant le street art. Puis il y a les autres. Ceux qui continuent à subsister dans l’ombre, à la recherche de gloire dans le monde de la « rue ». Chacun son style mais personne aujourd’hui ne peut ignorer cet art qui marque notre quotidien.

http://www.grandpalais.fr/es/node/3779
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