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“Gagner ou apprendre”

Cet article ne sera pas comme les autres. Nous allons sortir des sentiers battus si l’on peut dire. Peut-être que par moment ce sera écrit à la première personne, peut être que j’y mettrais un avis personnel… Il sera écrit au courant de la plume sans chercher les mots (comme le disait Sartre). Je sais avoir le soutien de la direction, de l’équipe entière et je l’espère de vous qui nous suivez au quotidien. Car le sujet que nous allons aborder est grave et il faut en parler, agir, jusqu’à ce que cela cesse. Commençons.

Dignité

https://www.nouvelobs.com/monde/20190605.OBS13986/non-noa-17-ans-n-a-pas-obtenu-l-euthanasie-mais-elle-s-est-laissee-mourir.html 

La langue française la décrit comme « le respect que mérite quelqu’un ». Elle ne s’achète pas, se retrouve difficilement une fois heurtée et est un sentiment propre à chacun. Combien échangeraient leur dignité contre une augmentation ? une voiture ? trois vœux ? Noa Pothoven l’avait perdue et n’acceptait plus de vivre sans, au point de se laisser mourir à 17 ans… Son histoire a fait le tour du monde, entre émotion et choc, entre révolte et indignation. Elle ne sourira plus, n’écrira plus comme elle aimait. La faute à des hommes qui ont décidé de lui ôter l’envie de vivre. Des premiers attouchements subis à l’âge de 11 ans, puis 12 puis un viol à 14 ans par deux hommes. Une honte qui l’a conduite au mutisme. Mais le corps ne peut se taire. Un comportement modifié, un estomac qui ne réclame plus rien, un besoin de se faire mal. Puis un choix radical « la mort ». Tout cela elle en parlera lors d’interviews et dans son livre « Winnen of Leren » veuillez comprendre « Gagner ou Apprendre ». Les psychologues, les instituts spécialisés, les psychiatres, personne ne pourra lui faire changer d’avis. Elle a mal, son corps ne lui appartient plus et elle aspire au repos. Puisque l’euthanasie lui a été refusé, elle décidera se laisser mourir de faim et de soif. A l’heure où l’on écrit cet article, elle (je l’espère) repose en paix et a trouvé la quiétude qu’elle mérite. De nombreux articles ont déjà été écrit sur elle et nous vous encourageons à lire son histoire plus en détail dans les différents médias.

Noa

Indignation

J’entends déjà certaines réflexions « ce n’est pas la première et on en faisait pas toute une histoire » « certaines s’en sont sorties, il faut se battre » et j’en passe. Qui sommes-nous pour juger des souffrances ? Il ne s’agit pas de juger si elle avait raison ou tort d’en arriver là. Si cela ne valait pas le coup de se battre. La question ne devrait même pas se poser ! Puisqu’il ne devrait pas arriver ce genre d’ignominies. Le viol, les violences, les actes du quotidien qui poussent les femmes à se sentir inférieures et sales. Messieurs si je puis me permettre : quel est votre problème ? Ne pouvez-vous pas vivre dans la paix, d’égal à égal sans ce besoin de montrer une soi-disante supériorité ? Cessez de dire qu’elles le cherchent, qu’elles ne devraient pas s’habiller comme ci, boire ainsi, se comporter comme ça. Laissez les vivre comme des êtres humains ! Personne n’a à me dire comment m’habiller, comment parler, avec qui faire la fête. Alors je n’ai pas à imposer mes idées à quelqu’un sous prétexte que c’est une fille…

Et pour ceux qui ne peuvent vraiment pas s’empêcher, je vous propose d’aller vivre au Mont Athos en Grèce, où ne vivent que des  moines hommes. Vous ne serez plus “gênés” par l’image de la femme et vous ferez le plus grand bien à l’humanité. 

 

Utopie 

Samedi ensoleillé en province à l’heure du déjeuner. Je joue avec mes nièces qui rient aux éclats. Ma compagne discute avec mes cousines pendant que ma mère prépare le repas avec mes belles-sœurs.  Je prends le temps de capter cette image. Elles sont là, toutes réunies ensemble. Toutes les femmes qui rythment mon quotidien. Qui me permettent d’avancer, d’évoluer, de devenir un homme, respectueux de toutes et de tous, désireux que chacune ait le sourire et soit bien. Je n’imagine pas un instant leurs faire du mal, qu’on puisse leurs faire du mal. Puis mon regarde se porte à nouveau sur mes deux nièces de un et douze ans. Elles sont si belles, si épanouies. Chaque sourire provoque le mien, me fait oublier tous mes problèmes. Si elles pouvaient rester ainsi, innocentes et ignorantes de ce qui les attend. Les réflexions désagréables pour une robe ou un décolleté, les regards insistants, les salaires moindres, les règles, l’accouchement, les insultes, les sifflements et j’en passe. A croire qu’être une femme est une punition. Quelle erreur de jugement. J’ai un immense respect pour celles qui donnent la vie et c’est une force que l’on ne peut imaginer. 

A l’heure ou j’écris cet article, 71 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année. La “dernière” en date a été rouée de coups alors qu’elle n’avait que vingt ans et était enceinte. La veille elle avait porté plainte auprès des forces de l’ordre… Alors même si j’aurais voulu écrire que je rêve, que nous rêvons d’un monde ou plus aucune femme ne sera victime parce que c’est une femme, je souhaite, nous souhaitons que le Gouvernement prenne des mesures radicales et cesse de prendre à la légère les plaintes reçues. 

Pour finir je souhaite adresser un énorme remerciements aux créatrices du ticket mode pour leur travail, leur détermination et pour la confiance qu’elles m’accordent.  Et aux messieurs encore dubitatifs, je vous assure, votre vie ne sera que plus belle accompagnée de femmes à vos côtés. 

 

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