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« Féministe », c’est un gros mot ?

Bienvenue dans l’ère où la tendance est au féminisme. Depuis quelques années, on observe une tendance au « woman power » qui en plus d’être omni-présente dans la société, est médiatisée. Aujourd’hui il faut aimer les femmes, les comprendre, compatir, un peu comme on a pu le faire par le passé avec certaines minorités. Mais cela fait-il de nous, de vous un(e) féministe ? Allons-bon.

Le féminisme, c’est quoi ?

Si l’on se réfère à la définition du Larousse, le féminisme est un « mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société ». Oui enfin sur le papier. Il s’avère que chacun a sa propre définition du féminisme et qu’il est difficile de résumer en une ligne les actions et les convictions de chacun.

Dans l’imaginaire collectif, le féminisme est un gros mot, renvoyant l’image des Femen, perçues comme des folles militant les seins à l’air. Seulement voilà, les Femen ne sont qu’une branche du féminisme, l’arbre cachant la forêt.

Certaines personnes ne veulent pas se considérer comme féministes aujourd’hui tant ce mot et l’image qu’il renvoie leur fait peur. Un comble dans cette société où la femme est omni présente.

Woman Power

Rappelez-vous ces chansons qui sont passées en boucle sur les radios, reprises par des milliards de jeunes filles et femmes dans le monde. Who run the world, I ain’t your mama ou encore Unstoppable. Bien avant Beyonce, J-Lo et Sia, il y a eu la grande prêtresse Madonna, Shania Twain ou même Natalie Imbruglia.

On se remémore également les récents Disney qui prônent l’empowerment et l’amour au sens large. Fini le temps des demoiselles en détresse secourues par l’homme beau et fort. Ce que veulent les jeunes, ce sont des héroïnes badass capables de se gérer seules.

Au cinéma, on fait également face à de gros rôles féminins qui prennent tous les feux des projecteurs. Wonder Woman, Tomb Raider, Patti Cake$Atomic Blonde ou plus récemment Captain Marvel. Des femmes fortes, se rapprochant souvent du anti-héros, auxquelles on peut s’identifier.

Cette sur-représentation de la femme encouragerait-elle le féminisme à éclater et à devenir le nouveau mouvement à la mode ? À vous de me le dire.

Toujours dans l’extrême

Comme en politique ou en religion, un mouvement louable cache souvent une partie plus sombre, poussée à l’extrême. Le féminisme ne fait pas exception. Je vous parlais plus haut des Femen, un mouvement féministe créé en 2008 en Ukraine.

Dans une interview pour Konbini, l’ex-Femen Éloïse Bouton raconte son expérience au sein du groupe pour lequel elle a milité pendant 2 ans, qu’elle a pu immortaliser dans un livre « Confession d’une ex-Femen ».

Ce qui est intéressant, c’est qu’Éloïse dénonce la diabolisation des médias. Alors que les Femen étaient les chouchous des médias, parce qu’elles intriguaient et étaient dans la provocation, le revers de la médaille est vite arrivé : les bonnes personnes se faisaient rares et le message qui se voulait positif a fini par devenir une quête narcissique. En effet, certaines Femen ne se sentaient pas féministes, elles cherchaient plutôt la gloire et l’attention des médias.

DR

Les faux féministes

On l’a vu avec la ligue du lol, derrière les anges se cachent parfois des démons. Aujourd’hui il est facile de se proclamer « féministe » : un tweet pour la journée des droits des femmes, un like sur une pétition pour l’égalité hommes-femmes et hop, le tour est joué.

Derrière cet acte se cache vraisemblablement une volonté de s’intégrer dans cet empowerment, de peur de se faire taper sur les doigts. Aujourd’hui, l’humour potache est condamné et chaque mot a son importance : une prise de conscience collective qu’être une femme ne justifie pas toutes les remarques déplacées.

Après l’ère de l’hyper sexualisation, la femme veut montrer autre chose : son intelligence, son talent ou encore sa force.

Le verdict

À l’image de la politique, de la religion ou même la vie, chaque personne a ses convictions et sa propre vision du féminisme. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est qu’une même problématique réunie l’ensemble de ces partis pris : la femme, ses droits, sa représentation dans la société. Alors non, féministe n’est pas un gros mot : il s’agit juste de changer le monde.

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