Like

Le “feederisme” : manger ou grossir, il faut choisir !

La gastronomie est un art à la française égoïstement préservé, telle notre fontaine de jouvence. Depuis des décennies, la nourriture constitue un des fondements de notre culture, de notre bien-être et un besoin vital devenu un luxe pour certains, et une nécessité pour d’autres. Mais cette culture gastronomique connaît des évolutions et des crises. Ignorée, bafouée, critiquée, vénérée, adulée, glorifiée, oui la gastronomie défie toutes les émotions et bien plus encore.

Un dessert presque parfait !

Les Français passent en moyenne 18 minutes de moins par jour en cuisine (Insee). Ils cuisinent de moins en moins, mais il existe un réel besoin des Français de faire une cuisine plaisir. Pour vendre celui-ci, certains sites et  certaines émissions culinaires nous présentent la fabrication de plats presque parfaits, voir inaccessibles pour certains : c’est une réelle mise en scène. Les téléspectateurs s’exposent à une sorte de vue idéalisée de la cuisine, qui ne sera, probablement, jamais reproduite dans la vie quotidienne.

Source : newstele.com

La médiatisation de la gastronomie contribue à la démocratisation de celle-ci. Les grands restaurateurs ouvrent les portes de leur cuisine. Ainsi, en plus de découvrir les dessous de ce qui compose nos assiettes, nous ouvrons les yeux sur un monde assez fermé mais aussi très intriguant.

L’assiette au centre de toutes les attentions

Des scandales alimentaires aux régimes, en passant par les nouveaux modes alimentaires, l’assiette est au centre de toutes les préoccupations des Français.

L’émission Du grain à moudre sur France Culture va plus loin dans l’analyse des évolutions de la nourriture et parle de l’assiette comme nouveau terrain de lutte des classes. En effet, l’alimentation est devenue au fil des années un élément de distinction sociale : nous l’utilisons pour nous positionner socialement et individuellement dans cette société de consommation. Cette évolution nous renvoie à un exemple récent et très représentatif qui n’est autre que l’affaire des “émeutes” pour le Nutella dans les Intermarchés. Il y a eu là une sorte de “condescendance”, voire un mépris de l’alimentation populaire par les classes supérieures observé par les réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Une recette adaptée qui fait succès

C’est aussi un nouveau terrain de jeu pour les réseaux sociaux. Véritable guérilla photogénique de la meilleure adresse de resto au plat le plus appétissant, toutes les techniques sont bonnes pour donner envie de consommer, mais de consommer autrement et différemment de Monsieur ou Madame tout le monde. Nous passons dans une nouvelle ère, celle de l’instagrammabilité, de la gastronomie. On ne veut plus savoir comment, mais où : où trouve-t-on cette délicieuse pizza, ce merveilleux cookie, cette galette aux mille saveurs.

L’alimentation joue un rôle important dans ce que l’on va montrer de nous-même. C’est une forme de partage dans la mesure où les réseaux sociaux restent un lien précieux que l’on a avec nos amis ou notre famille. Ils permettent le partage de notre nourriture du quotidien mais aussi des bonnes adresses de restaurants que l’on découvre au fil de nos balades ou à travers le monde. Mais c’est aussi un moyen de distinction : je montre ce que je mange, ce qui implique que j’expose ma position sociale, mais également mon individualité à travers mon mode alimentaire.

Qui sont les fétichistes de la nourriture ?

Grossir pour le plaisir, voilà une nouvelle tendance qui s’inscrit dans un fétichisme gastronomique poussé au vice. Entre les corps musclés, l’idéal beauté au travers des tailles mannequins, il existe le feederisme, qui consiste à prendre plaisir à grossir et manger à outrance dans le but de prendre du poids.

Le feederisme est un mouvement regroupant les personnes obsédées par la nourriture, ainsi que ceux qui trouvent du plaisir à être obèses et à développer des rondeurs (les gainers). Il concerne surtout les personnes qui aiment que leurs partenaires les nourrissent, dans le but de les faire grossir ainsi que les personnes qui aiment faire grossir leur partenaire, respectivement appelés les feedees et les feeders. Le feederisme est souvent basé sur une relation sadomasochiste où il y a un dominant (feeder) et un dominé (feedee) et où s’installe une relation de dépendance.

Une tendance qui émerge tout juste en Europe, mais qui connaît un succès grandissant aux États-Unis où l’obésité est une mœurs socialement acceptée. Aujourd’hui, il existe une multitude de sites et forums américains qui proposent des conseils adaptés pour prendre du poids. En France, on recense uniquement le site Feedeefat. On y découvre de nombreux couples qui exposent des moments de “repas” sous forme de vidéos : d’un côté les femmes prennent un plaisir jouissif à ingurgiter des quantités gargantuesques, de l’autre l’homme qui prend un plaisir malsain à la regarder.

Dans cette relation de domination, une jeune femme, fervente adepte de cette tendance, est devenue célèbre sur les réseaux sociaux. Tammy Jung, aidée de son petit ami Johan Ubermen, rêve de devenir la plus grosse femme du monde et est prête à réaliser tous les types de performances physiques pour ingurgiter le plus de nourriture possible en une seule prise.

Source : docdunet.fr

Cette pratique est bien entendu très dangereuse pour la santé et perverse pour ces femmes qui acceptent de prendre du poids pour des raisons malsaines. Une ancienne fétichiste témoigne dans le Nouvel Obs :  “Cela m’a fait plaisir de me dire que plus je grossirais, plus mon petit ami serait excité. Je ne sais pas combien de fois je mangeais par jour. Mais je mangeais dès que j’en avais envie et que je ne me sentais pas extrêmement pleine. Ça pouvait être tout et n’importe quoi. Pour moi, et pour beaucoup d’autres feedees, le simple fait de pouvoir ingurgiter ce que je voulais, et de préférence des aliments très caloriques, était très satisfaisant.”

Selon une étude publiée dans la revue scientifique médicale britannique, The Lancet, la maladie de l’obésité serait responsable de la mort de 3,4 millions de personnes au cours de l’année 2010.

La nourriture semble être le réel pêché originel de l’être humain, entre tentations et transgressions, elle résulte des pires folies que l’on puisse imaginer.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !