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Faites les fripes, pas les soldes

Petit partage d’adresses où il fait bon chiner quand l’air est doux et le pavé sautillant. Pièces fortes et uniques, atmosphère vintage et fourrures à gogo, tout un tas de merveilles qui n’attendent que leur prochain propriétaire.

De l’ancien français « frepe » qui veut dire chiffon, la fripe désigne un vêtement qui a déjà vécu. Acheter en friperies, c’est donner une nouvelle vie à une pièce, et emporter un peu de celle qu’elle a déjà eue. Les friperies sont un énorme fouillis plus ou moins organisé où se perdre est grisant. On en ressort les mains pleines de trésors et avec l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps. Les jupes en vinyle y côtoient les vestes en velours et de tout petits sacs brodés à la vietnamienne voisinent avec d’imposants manteaux en fausse fourrure. On y trouve toutes les perles du vintage, depuis le jean effrangé des nineties jusqu’aux paillettes des années 80 en passant par les verres teintés des seventies. Impossible de repartir bredouille, à moins d’exécrer cette odeur si particulière, à mi-chemin entre la naphtaline et la cannelle, qui flotte dans l’air encombré de ces boutiques atypiques.

La chaîne Freep’Star – 20, rue de Rivoli – 61 et 52, rue de la Verrerie

Bien connue des adeptes, Freep’Star écoule ses devantures encombrées depuis Rivoli jusqu’à Beaubourg, proposant un joyeux désordre de fourrures, de chemises en tous genres et de chaussures parfois dépareillées. C’est l’occasion de dénicher cette veste parfaite, celle qui tombe si bien, avec les poches où on aime plonger les mains et cette coupe un peu large qui nous fait galoper comme au Far West. N’oublions pas qu’autrefois les friperies étaient l’endroit où les Parisiens d’humeur aventureuse venaient se déguiser pour aller flâner incognito et changer pour un temps de sphère sociale. La mode, c’est aussi le jeu des apparences, le choix de celle qui nous fait nous sentir bien à un instant précis.

 

 

Vintage Désir – 32, rue des Rosiers

Une rue iconique où voltige l’odeur des fallafels : l’endroit rêvé pour s’évader et revivre les seventies parisiennes et américaines. Des sweats aux longues manches chauve-souris, unis, sobres ou floqués, des vestes de cow-boy, des salopettes en tous genres et une belle collection de jupes. Pas besoin de beaucoup de mots, vous allez tomber amoureux de ce repaire de pirate et repartir la sacoche pleine de trésors.

 

 

 

 

Kiloshop – 69, 71 rue de la Verrerie – 125, bd Saint Germain

Plus organisée, plus chère aussi parfois, Kiloshop a la particularité de vendre ses produits au poids. Un peu partout sur les deux étages se trouvent des balances surmontées de paniers pour y peser les vêtements. Le concept amuse et attire, au-delà de l’incroyable stock de pièces disponibles. Des rayons entiers de shorts en jean, de vestes inspiration Adidas old school, de jupes en daims, de bérets de toutes les couleurs, de pulls assez grands pour se perdre dedans. Une multitude d’accessoires aussi, des casquettes marines qui sentent bon le large, des lunettes oversize, de longs foulards fleuris. Sans compter une foule de jeans avec tous les pouvoirs sur le corps et un tas hétéroclites de baskets venues d’un autre âge et d’autant plus désirables. L’enseigne compte également plusieurs boutiques, pas d’excuses !

Guerrisol – Nation, Strasbourg-Saint-Denis, Marcadet-Poissoniers… (bref un peu partout)

Véritables cavernes d’Ali Baba, les boutiques Guerrisol regorgent de pépites telles que des ceintures inspiration eighties et ultra élégantes, des pulls comme celui de grand-père, des manteaux léopard comme celui de mamie et des montagnes de chaussures pour aller user les pavés. Et puis plein plein plein de tee-shirts pour accueillir l’été. En plus c’est éco-responsable. Sortir de là les mains vides est un véritable tour de force.

 

 

Acheter en friperies, c’est aussi un acte citoyen et écologique. Redonner vie aux vêtements, c’est éviter le gaspillage. Et puis les soldes c’est tellement mainstream.