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Être une « meuf » en 2019

Des femmes de tout âge, de toute origine, de tout style se sont exprimées devant la caméra de Josepha Rapard pour parler d’un sujet précis : la FEMME. Sans tabous, sans détours, sans contraintes, elles ont répondu aux questions pour parler en toute transparence des sujets qui nous concernent toutes.

Josepha Rapard – YouTube

Les cheveux, symbole de féminité ?

« As-ton vraiment besoin d’être ultra-féminine pour se sentir femme ? » On peut se sentir femme sans avoir besoin de porter de long cheveux, sans maquillage, sans robes ou sans talons. C’est ce que ces femmes nous dévoilent, une féminité naturelle, sans extra, sans superflus et sans tous ces attributs qu’on attend de voir chez une femme.

« C’est quand je me suis raser la tête que je me suis redécouverte »

Dans notre société, avoir les cheveux courts renvoie plusieurs images : celle d’une femme forte et indépendante, d’une féministe, voir même d’une lesbienne ou d’une be-sexuelle. C’est ce que dénonce Léa, 25 ans. Se couper les cheveux n’était pas le signe d’un acte engagé mais tout simplement celui d’un acte esthétique. Et pourtant, les hommes vont très vite vouloir la « challenger » sur sa féminité !

L’hypocrisie du mouvement #bodypositive

« La mode du « bodypositivisme », on ne dit pas vraiment tous les corps ont bien mais on dit que les courbes sont bien, mais pas toutes les courbes … Il faut avoir des courbes à la Nicky Minaj ou à la Kim Kardashian » déclare Johanna, 28 ans. Aujourd’hui on peut dire que les « bourrelets c’est mignon » mais avec le bon filtre, la bonne position, la bonne lumière. On est en droit de se poser la même question que Johanna : « Le regard dans la vraie vie est-il même que celui sur Instagram ? ».

Les mouvements lancés sur les réseaux sociaux sont-ils autant viraux dans la vraie vie ? La tendance de vouloir se laisser pousser les poils sous les bras ou sur les jambes est-elle aussi virale qu’on peut le constater sur notre feed Insta ?

Pour Léa, « avoir des formes » apportent plus de pression qu’avant car tu dois avoir confiance en toi ». Il faut qu’aujourd’hui ce mouvement ne soit pas qu’un phénomène de mode mais devienne juste une norme !

D’autres mouvements naissent à l’aune du #bodypositive comme dernièrement celui initié par l’influenceuse Douzefévrier, #OnVeutDuVrai. Mais aujourd’hui une chose est sûre « Etre une femme, c’est un challenge au quotidien ».

Contraception, avortement : tabou or not tabou ?

Le partage de la contraception, qu’en est-il ? C’est ce qu’évoque Ines, 26 ans. Au début de sa relation, son copain va alors lui proposer de partager son mode de contraception, ce qui pourrait paraître étrange et pourtant … Aujourd’hui, on sait que le coût de la contraception, varie en fonction des moyens choisis, mais peut aller de 1,28€ pour une pilule par jour à 112€ pour un DIU Hormonal.

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http://business.sh24.org.uk/service-news/2016/12/14/contraceptioncuts

Parler d’avortement n’est pas aussi simple, c’est un sujet sensible qui reste très, trop, souvent, dans la sphère privée. Et pourtant on sait que chaque jour en France, il existe environ 598 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse). Les femmes interrogées évoquent ce repli sur soi et l’isolement vécu lors d’un avortement que ce soit vis-à-vis des hommes et des femmes.

Mères, amies, sœurs, ce sujet reste encore très tabou dans notre société et pourtant dans notre entourage ce ne sont pas des cas isolés, « ça peut nous arriver et ça peut toutes nous arriver » déclare Camille.

La « peur » : une éducation par et pour les femmes

« Toutes les meufs ne peuvent pas faire de jogging tard le soir, toutes les meufs n’osent pas rentrer tard en métro le soir. Le combat n’est pas terminé, il y a encore trop d’insécurité en tant que femmes, pour dire qu’en tant que femme on est bien »

Héra, 23 ans

Certaines peurs sont nourries par la peur d’un homme, déclare Héra. Ne pas vouloir rentrer tard pour peur de se faire agresser, ne pas courir seule par peur de se faire agresser, ne pas mettre de jupe pour éviter de se faire accoster dans les transports, …

Pour Agathe, cette peur vient de l’éducation qu’on nous apporte. Elle se rappelle que sa mère lui conseillait de toujours avoir une paire de chaussures plates pour pouvoir courir à n’importe quel moment. L’éducation apportée aux filles nous apprend à avoir peur, à devoir fuir et pas à nous défendre, ce qui révolte la jeune femme.

« On devient libre quand on s’affranchit de la peur »

Nina Simone

Les poils, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout …

Pour Lou, le porno a démocratisé cette « absence de poils ». Aujourd’hui, on assume davantage ses poils, comme nos mères le faisaient si bien avant, alors qu’il y a quelques temps ils étaient proscrits de notre vie.

Le poil en lui même n’a rien de bien ou de mal comme le dit si bien Mellina. C’est juste toutes les caractéristiques que nous avons mis au fil des années dessus qui le rend si tabou aujourd’hui : « pas hygiénique », « négligé », …

En tant que danseuse, elle avoue avoir tendance à plus les laisser « vivre ». Et pourtant, nous avons toujours ce sentiment de gêne quand nous ne nous sommes pas épilés depuis un moment. Une épilation qui devient nécessaire lors de ses représentations à l’Opéra de Paris, car laisser ses poils visibles pourraient être vue comme un acte engagé.

De 21 à 83 ans, les femmes s’accordent à dire que certains combats appartiennent déjà au passé, mais elles ne démordent pas sur le fait qu’une autre bataille existe aujourd’hui, celle de l’égalité.

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