Like

Être une femme en 2017

Cigarettes, alcool, poils, … tous les tabous épinglés aux femmes sont-ils en voie d’extinction ? La révolte des femmes gronde sans cesse, ce combat semble s’inscrire dans une lutte sans fin. Aujourd’hui, qu’en est-il de la femme dans le monde ? En avant pour un Tour d’horizon.

En Europe

En Europe, le prix de la misogynie est décerné au député polonais Janusz Korwin-Mikke qui a soutenu un discours datant des années préhistoriques devant le Parlement Européen : “les femmes sont moins intelligentes”. Dans l’hémicycle, une députée espagnole a la meilleure des réactions.

Loin de ce genre de discours, on découvre depuis quelques années un mouvement féminin qui a pour objectif d’assumer ses poils. Oui mesdames, pour mettre fin aux diktats de la beauté, ces femmes disent non à l’épilation. Car oui les poils ne sont pas superflus bien au contraire on pourrait presque penser que c’est la nature … Ah mais oui c’est bel et bien la nature pour toutes les femmes. Pour les plus téméraires il est même possible de les teindre avec vos couleurs favorites, après tout la mode ne s’arrête pas aux vêtements.

http://www.urban-shaker.com/ces-femmes-qui-assument-leurs-poils/

En Amérique

Que se passe t-il de l’autre côté de l’Atlantique ? Et bien doit-on parler du nouveau président des États-Unis, le tumultueux Donald Trump ? Cela semble nécessaire car oui, son investiture en poche, Trump s’attaque ouvertement à l’avortement. Sa décision consiste à interdire le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement. Entouré de ses collaborateurs exclusivement masculins, le président des États-Unis signe fièrement ce décret réduisant ainsi les droits des femmes et tirant un trait à des années de lutte féminine.

http://www.20minutes.fr/high-tech/2001775-20170124-photo-trump-signant-decret-attaquant-ivg-irrite-web

L’accès à la contraception reste encore aujourd’hui précaire pour certaines femmes dans les pays les plus pauvres. En 2016, les États-Unis ont dépensé 607 millions de dollars pour les programmes de santé reproductive et la planification familiale. Interdire le financement d’ONG interdirait le soutien de ces agences d’aide pour la protection de la femme dans les pays les plus pauvres.

En Asie

Les jeunes filles sont souvent considérées comme un poids à charge coûtant plus d’argent qu’elles ne peuvent en rapporter. De ce fait, elles sont souvent contraintes à la prostitution pour subvenir aux besoins des familles.

Le reportage signé Causette Prod nous emmène dans les coulisses de la prostitution au Bangladesh. Daulatdia, un village, à 100km de la capitale Dakha, où filles et femmes se mélangent et offrent aux hommes les plaisirs de la chair. Plus de 1 500 femmes se prostituent chaque jour dans ce bordel à ciel ouvert, 600 enfants nés de ces relations sexuelles monnayées. Elles sont pour la plupart vendues pour venir en aide à leurs familles, les filles doivent ainsi rembourser leurs dettes au prix de leurs corps. Une vie entière dévouée pour subvenir aux besoins de leurs proches, un métier qui assure un salaire pour nourrir leurs enfants. De jeunes enfants souvent prédestinés à la prostitution pour les filles et à une éducation pour les garçons souvent compromise au vu du statut de leur mère.

http://info.arte.tv/fr/bangladesh-daulatdia-la-ville-des-prostituees

Les conditions des femmes sont encore bien trop précaires dans certains pays pauvres ou en développement. On pense notamment à la Chine et sa politique de l’enfant unique appliquée en 1979 et assouplie il y a quelques années. Cette décision politique qui visait à réduire la population chinoise drastiquement a entraîné une augmentation des infanticides dans le cas où les mères accouchaient de petites filles. Avoir une fille impliquait de devoir dépenser plus d’argent qu’elle ne pouvait en rapporter comparer à un garçon. De ce fait la rentabilité à venir de l’enfant compte plus qu’autre chose pour ces familles en détresse.

Même si certaines mentalités évoluent aujourd’hui, certaines sphères de la société persiste dans l’inégalité des sexes notamment sur le marché du travail les inégalités. Certaines entreprises n’hésitent pas à préciser dans l’annonce de l’emploi “recherchons hommes uniquement”.  Les mentalités traditionalistes des familles chinoises imposent aux jeunes femmes un mariage très tôt pour ainsi éviter le célibat ou de devenir vieille fille (Bridget Jones n’aurait eu aucune chance en Chine). De même on considère encore aujourd’hui qu’une femme accomplie est une femme  donnant la priorité à sa famille plutôt qu’à sa carrière.

https://actualitesvoyages.com/2014/06/27/societe-chine-vietnam-fiancees-vietnamiennes-a-vendre-au-pays-de-lenfant-unique/

En Afrique

Le mariage forcé est un fléau qui touche la planète entière et tout particulièrement l’Afrique. On dénombre pas moins de 39 000 filles de moins de 18 ans mariées de force quotidiennement à travers le monde. En Afrique, le taux de mariage précoce s’élève entre 60% et 70%.

“Tout mariage précoce est un viol potentiel”

Nyaradzai Gumbonzvanda, avocate zimbabwéenne et militante de la cause de filles mariées avant la majorité

Les mariages forcés impactent sur les chances de réussite dans la vie de la jeune femme. Les ONG, présentes au quotidien dans les villages venant en aide aux femmes, rappellent que ce type de pratique les empêche d’accéder au savoir. Ainsi le taux d’alphabétisation est ralenti, freinant la progression même des pays, les plus touchés étant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Les militantes africaines se trouvent ici dans ce “no men’s land” situé au Kenya, et plus précisément à Umoja. Ce village est un refuge pour les femmes du nord du Kenya victimes de mutilations génitales, de mariage forcé ou encore de viol. Cette société matriarcale est un bel exemple de résistance qui prouve que non la femme n’est pas dépendante de l’homme. Une quarantaine de femmes qui ont fui leur famille et mari devenant la honte familiale. Elles retrouvent ici une certaine autonomie de vie et des libertés que jamais auparavant elles n’auraient pu imaginer posséder.

http://www.jeuneafrique.com/410348/societe/kenya-umoja-village-interdit-aux-hommes/

Mais cruellement La liste reste non-exhaustive. une chose est sûre dans le monde, Il n’y a pas une femme, mais il y a des femmes, et il n’y a pas un droit mais des droits. Au quatre coins du monde,  les femmes sont plurielles et les inégalités multiples, toutes trouvent le moyen de s’indigner face à tant d’inégalités, chacune à leur manière.