2

Etienne Berthier : l’homme qui voit la vie en vert

Pollution, espèces en voie d’extinction, réchauffement climatique… L’environnement va mal. Alors que des mesures commencent à peine à être prises, certains particuliers agissent depuis des années. Etienne Berthier est l’un d’entre eux. Entre la planète et la pollution, cet éducateur sportif de 30 ans a en effet choisi son camp en adoptant  un mode de vie 100% vert.

Etienne Berthier, fervent défenseur de l’environnement arrose son potager. Crédits : EB

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’opter pour un mode de vie plus sain ?

Je suis né à Paris mais, lorsque j’avais un an et demi, mes parents ont décidé de revenir vivre à Grasse (région ou ils ont passé une bonne partie de leur jeunesse). Mon père a ainsi rejoint un collectif et développé la première coopérative bio dans les Alpes-Maritimes. Ensemble, ils ont ensuite mis en place la ferme St Jean, lieu pédagogique et sociale pour une sensibilisation au bio et à l’écologie. C’est certainement de cet héritage que j’ai pris le goût d’aimer, préserver et protéger la nature. Une ligne de conduite que je me suis appliqué à suivre au maximum très jeune et ce, même lorsque j’ai suis devenu autonome avec mon propre appartement.

Que faites-vous exactement pour aider l’environnement ?

Pour moi aider l’environnement c’est d’abord le respecter ! Les choses dites “bateaux” sont importantes, comme éteindre les lumières, fermer le robinet d’eau quand on se brosse les dents ou qu’on se savonne sous la douche, trier les plastiques, cartons, déchets organiques… Ce n’est pas toujours évident, mais l’intention est déjà bénéfique. 

Je porte aussi une attention toute particulière à la façon dont je me nourris. “Le premier des médicaments est l’alimentation” disait Hippocrate, alors pourquoi manger des tomates toute l’année ou manger des fraises en décembre alors que c’est une ineptie pour nous et la nature ? Il est essentiel de consommer des produits de saison pour notre bien être et celui de la planète.

Il y a d’autres actions que vous exercez, en dehors votre domicile ?

Oui, à de nombreuses reprises j’ai participé à du maraichage bio, construit des abris à insectes, mis en place des potagers chez des particuliers et sur des terrains agricoles… J’ai aussi aidé au nettoyage de forêts par exemple, choisi d’optimiser mes déplacements via les transports en commun ou encore en privilégiant des moyens de locomotion électriques… Je fais de mon mieux, ou comme les “colibris” je fais ma part, et ça me motive au quotidien.

Votre compagne a-t-elle le même mode de vie ? 

Je ne suis pas en couple, mais si ça venait à arriver je souhaite vraiment qu’elle soit réceptive à ces valeurs. Sans extrémisme de ma part, car je peux comprendre que cela ne soit pas toujours évident à appliquer.

Cela coûte-t-il plus cher ? 

Je ne pense pas que cela soit plus cher. Si on regarde nos dépenses dans les premiers mois, ça pourrait paraître plus onéreux, mais, une fois les bonnes habitudes prises et bien organisées, il est possible de retomber sur ses pieds. N’oublions pas que la qualité des produits consommés sera bénéfique sur de multiples pans de notre vie, comme par exemple moins de visites chez le médecin, une meilleur forme, une capacité décuplée pour la vie quotidienne… Tellement de petits effets qui, mis bout à bout, peuvent engendrer des économies mais, surtout, seront sources de bien-être.

Que pensez-vous  de la situation actuelle ? 

Nous sommes entrés dans une aire où les limites de notre fonctionnement actuel sont plus que visibles. J’espère vraiment que la prise de conscience collective sera réelle et conséquente, et permettra de tendre vers une modification individuelle, puis collective, des mauvaises habitudes prises ces dernières décennies. De mon côté, je préfère m’investir dans un changement au présent plutôt que de blâmer les générations du passé, ou pire, croire en un futur chaotique. Nous avons encore le temps de changer les choses, et ce pour le meilleur.

D’après vous, qu’est-ce-que le gouvernement devrait mettre en place dans chaque ménage pour préserver la planète ? 

Le gouvernement devrait, avant de demander à un ménage quoi que ce soit, imposer aux grands groupes de distribution : la diminution voire la suppression des sur-emballages, la vente uniquement de fruits et légumes de saison et locaux (distance max 600km) dans les moyennes et grandes agglomérations, une meilleure traçabilité des produits et, chose essentielle à mes yeux, diminuer au maximum les intermédiaires. 

Ensuite, nous pourrons demander ou même imposer le tri, le compost, la diminution des consommations d’eau et d’électricité. Le manque d’exemplarité de l’État ne donne aucune légitimité sur la mise en place de processus de changement sur les ménages.

Rendez-vous sur Hellocoton !