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Il était une fois … la bûche de Noël

La bûche de Noël est devenue une institution durant les fêtes de fin d’année. A l’origine en bois véritable, la bûche de Noël est une source de traditions et de superstitions. Retour sur la folle histoire de notre traditionnelle bûche.

Les origines de la bûche bénie

Une tradition païenne qui semble remonter au Moyen-Age. En effet, la date d’arrivée de notre bûche traditionnelle dans nos foyers n’est pas estimée avec précision par les historiens, ils affirment cependant retrouver cette coutume particulièrement en Europe du Nord. A noter que le bois était aussi un impôt , le vassal donnait à son maître une bûche pour payer ses dettes. Cet impôt était en lien avec les productions de la période de l’année et les fêtes associées : la bûche en bois pour Noël, les oeufs ou l’agneau à la période de Pâques, le blé à l’Assomption ou encore le vin ou l’huile à la Toussaint.

Prenant plusieurs intitulés selon les régions, la bûche ou encore “Yule”, “Licht”, “ceppo”, ou “tréfeu” constitue un rite cérémoniel du feu en hommage au solstice d’hiver. Cette période de l’année permettait d’annoncer l’arrivée de l’hiver : chaque foyer brûlait de grosses rondelles de bois pour tenir chaud dans toute la maison. Au retour de la messe, les familles pouvaient ainsi prendre leur repas et chanter autour du feu flamboyant. On choisissait généralement les arbres de la région provenant ainsi d’arbres fruitiers (prunier, cerisier, pommier, olivier) ou de bois blancs (chêne ou hêtre).

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1781

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La consumation de la bûche devait être la plus lente possible durant au minimum trois jours, de sorte qu’elle se consume jusqu’au nouvel an voir mieux encore jusqu’à l’Épiphanie. Si jamais la bûche ne brûlait pas ou bien si elle se consumait d’une traite, le foyer était voué à du malheur à venir. A l’inverse, si elle brûlait bien, la famille serait bénie pour l’année.

Entre protection et prospérité, la bûche nous réserve des surprises

Vers le XIIème siècle, la tradition de la bûche rattaché à la notion de rite du feu fut adopté par l’Église catholique. Le feu renvoyait à la lumière apportée par la naissance de Jésus. Mais dans la tradition païenne, les étincelles de la bûche encourageaient le soleil à briller à nouveau pour l’année suivante.  Ainsi à partir du XIIème siècle, chaque bûche devait être arrosée avec de l’eau bénite. Elle se consommait du 24 décembre au soir jusqu’à l’Épiphanie. La tradition voulait que les jeunes filles de la famille devaient allumer la bûche avec les tisons de la précédente bûche. Ces fragments de bûche symbolisaient le cycle de la vie sans cesse renouveler.

Pendant longtemps la bûche fut associer à de drôles de superstitions. La bénédiction de la bûche apportait une protection à la maison et à ses locataires, ainsi les cendres étaient dispersées dans les étables, les vergers ou les champs aux alentours pour assurer la protection contre les maladies et apporter la prospérité nécessaire pour l’année à venir. Les cendres de la bûche auraient des pouvoirs peu communs : faire fuir les renards, les sorciers, les serpents ou les mauvaises langues mais peu également accroître les semences, protéger de la foudre ou abréger les souffrances des mourants, elles pouvaient même porter chance dans l’au-delà. Mais attention la bûche peut porter malheur à quiconque l’enjamberaient ou s’assoiraient dessus au risque d’attraper des furoncles.

D’hier à aujourd’hui

La bûche brûlant dans le foyer de la cheminée est un véritable moment convivial et familial, tous les membres du foyer, parents, enfants, domestiques, maîtres, proches, voisins, inconnus, se retrouvent autour du feu pour célébrer ensemble l’arrivée de l’hiver. La bûche de bois était décorée avec des lierres et des mousses avant d’être brûlée la veille de Noël. Généralement les maisons laissaient leur porte ouverte pour accueillir les passants demandant le gîte et le couvert pour la nuit. Les familles proposaient du vin, de la bière ou du cidre et partageaient le grand repas de Noël.

Nos célèbres rondelles de bois ont plusieurs coutumes venues d’ici et d’ailleurs : on choisissait généralement un tronc d’arbre fruitier pour garantir de bonnes récoltes pour l’année  venir. La bûche devait être coupée avant le lever du soleil et décorée. Certaines régions avaient pour coutume de mettre autant de bûches que de personnes vivant dans le foyer et certains l’arrosée de vin (signe de bonne vendange) ou de sel (éloigner les mauvais sorts). Avec l’arrivée des coutumes chrétiennes, la bûche était bénite très souvent avec du buis lui-même bénie lors de la fêtes des Rameaux.

L’arrivée de notre bûche pâtissière

Plusieurs légendes nous dévoilent l’histoire de l’inventeur de la bûche pâtissière de Paris, à Lyon en passant par Monaco, personnes, pas mêmes les historiens, ne sauraient départager les royalties de cette belle invention. Une chose est sûre sa création remonterait au XIXème siècle. Mais ce n’est qu’en 1945 que la bûche prend sa forme définitive à savoir celle d’un gâteau roulé. Alcoolisées, garnies, fruitées aujourd’hui il y en a pour tous les goûts. Des créations artistiques au plus traditionnelles bûches glacées, vous aurez l’embarras du choix pour les fêtes.

Chaque régions de France va avoir sa propre coutume autour de la bûche de Noël. Elles vont petit à petit s’expatrier dans le monde entier tout en gardant son appellation à la française. Et comme disaient nos ancêtres au coin du feu : “Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons”.