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Et si on se mettait tous en mode projet ?

La dernière pièce de Philippe Fertray « En mode projet » nous plonge dans un quotidien bien connu des 6 millions de chômeurs en France, mais pas que ! Qui n’a pas déjà entendu cette expression dans une réunion ou autour de la machine à café ?

En résumé … « Quand des demandeurs d’emploi en reconversion lâchent prise et passent en mode projet, tout peut arriver… et même pire. Alfred Carmut avait tendance à rêvasser au bureau. Tombé de sa chaise, il s’est réveillé dans une réunion de motivation chez Paul Empoil. Quand l’animateur a demandé aux cinq stagiaires de passer en mode projet, ils ont lâché prise. Et là, c’est parti en live… »

L’auteur de la pièce nous dévoile un seul en scène emprunt de bipolarité avec une multitude de personnages joués sous nos yeux. Des personnages dépeints comme des victimes d’une société exclusive. Cette pièce est le portrait d’une réalité sous fond de cynisme et de satire. Au programme, un animateur de pôle emploi qui explique à son nouveau groupe de travail comment se réinsérer dans le monde du travail avec un objectif : avoir un projet professionnel.

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés. Toute diffusion, utilisation interdite sans autorisation de l’auteur.

Philippe Fertray dépend une société moderne qui résulte d’un numérique « sans douleur », d’une sur-consommation et des problèmes de drogue dans les milieux défavorisés. Une critique de la société bien ficelé aux allures de comédie.

« ILS CHERCHENT TOUS À S’EN SORTIR.
DE QUOI ? ON NE SAIT PAS. COMMENT ? EN OSANT…« 

Dans ce nouveau seul en scène, Philippe Fertray nous propose de faire connaissance avec les rêves farfelus d’un désemployé de bureau, d’une coiffeuse visagiste avant-gardiste, d’un chanteur apprenti-star internationale, d’un herboriste du 9-3 et d’un startuper transhumaniste.

À travers un portrait drôlement féroce du monde du travail, il réveille nos aspirations, nos rêves et nous donne envie d’oser.

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés. Toute diffusion, utilisation interdite sans autorisation de l’auteur.

Jean- Karim :  » Tu vois ce que je veux dire ? »

Herboriste en vogue, les idées plein la tête, Jean-Karim, portrait d’un jeune qui a un eu trop traîné,

Il est difficile de ne pas s’attacher à sa manière un peu trop racoleuse et exagérée de raconter les choses.

Philippe Fertray, en profite, entre deux danses pour nous faire dédramatiser, il y a aussi Nadège…

Nadèga : « C’est un problème de cheveux », l’espoir en bas de chez soi

Nadèga a décidé de nous faire le portrait de toutes les personnes du quartier, elle vient de la province, elle les connaît tous et les a observé.

Sa description des parisiens est fidèle et surtout fine. Les manières parlantes, le ton qui hausse, elle enchante plus qu’elle ne parait logique.

Mais c’est pas fini, Philippe Fertray nous parle à travers d’autres personnages tordus et  pourtant bien réalistes. Entre deux incarnations de personnages, le ton est lancé, une petite danse et changement de personnage imposé. Philippe Fertray danse, sautille et surtout dépeint la folie humaine, comme il se doit. Le rire démasque et Philippe Fertray ne suit en aucun cas le script annoncé !

Informations pratiques

« En mode projet » à découvrir au théâtre de la Contrescarpe, jusqu’au 28 septembre 2019 à 21h.

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés. Toute diffusion, utilisation interdite sans autorisation de l’auteur.

Auteur, mise en scène, images et interprétation : Philippe Fertray
Collaboration artistique : Marc Pistolesi
Décor : Sophy Adam
Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.
Musique : Studio M.
Photos : Fabienne Rappeneau
Chorégraphie : Evariste Desjoubards

Durée du spectacle : 1h10

Pour obtenir votre billet, c’est par ici.

Article co-écrit par Fatou Tigana et Marjorie Bordenave.

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