Dunkerque, au coeur d’une évacuation historique

Dans Dunkerque, Christopher Nolan fait revivre à l’écran l’opération « Dynamo ». En mai 1940, 360 000 soldats ont été évacués par la mer sous les bombardements de l’aviation allemande. Un film de guerre qui n’idolâtre aucun héros, si ce n’est la nation britannique. 

« Plus qu’un film de guerre, j’ai voulu mettre en scène un survival, avec des enjeux clairs et une dimension d’urgence ». Le réalisateur d’Inception et de la trilogie The Dark Knight signe son premier film du genre. Historique et honorifique sur une page héroïque de l’histoire anglaise. Christopher Nolan évoque finalement très peu les stratégies militaires des belligérants en 1940. Sauf la stratégie de Churchill de rapatrier ses hommes. Il espère en sauver 40 000. Ce sera plus de 340 000 britanniques et 20 000 français qui fuiront une bataille perdue en France.

Un son transcendant les murs du cinéma

Cette opération, Nolan la résume en superposant trois unités de temps : la semaine d’évacuation des soldats sur la plage, la traversée de la Manche par des bateaux civils et les quarante minutes de combat d’un avion anglais. Les strates temporelles s’enchainent avec une amplification du rythme. Comme un cocotte minute prête à exploser, le temps imparti à chaque séquence diminue au point de finir à 30 secondes sur chaque strate temporelle. Ce tempo favorise le sentiment d’angoisse et de stress, appuyés par les musiques de Hans Zimmer. La bande son de Dunkerque est remarquable. Un peu trop. Il est rare que l’oreille s’attarde autant sur une musique d’ambiance.

Autre particularité de la production, aucun personnage n’est identifiable à autre chose qu’à son rôle de soldat. L’anonymat met les hommes sur un pied d’égalité. L’important, c’est la survie et non la psychologie. Les personnages principaux n’ont donc aucun passé et un présent incertain, au même titre que ces milliers d’autre soldats dans l’attente.

God save the Queen

Dunkerque est une immersion totale. La densité d’une explosion, le son d’une balle, tout est capté avec justesse. On imagine ce qu’était la vie de soldat à une période  où aucun répit n’est accordé aux fuyards. Le danger est permanent. Quand tout semble alors perdu, les navires civils apparaissent au loin. Musique triomphale. La patrie est là. Un film de guerre où, pour une fois, l’emballement patriotique n’est pas de la responsabilité des Américains…

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