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Cinq astuces pour bannir les cosmétiques dangereux

Tout commence par une idée simple. Comprendre de quoi est composée ma crème pour les mains L’Occitane.  En regardant sur l’étiquette, les ingrédients aux noms imprononçables me dissuadent de lire.  Phenoxyethanol, sodium polyacrylate, isinonyl isonanonate mais que diable cela veut-il dire ? Ces mots s’avèrent être les noms de conservateurs et de silicones qui n’annoncent rien de bon. Voici quelques astuces pour éviter d’acheter (cher) des produits potentiellement pauvres en actifs et toxiques pour la santé.

1. Vérifier l’ordre des ingrédients

Notre regard se jette sur un shampooing. Une belle inscription et un joli dessin montre qu’il contient de l’huile d’argan. Les fabricants revendiquent plus facilement les produits naturels sur le packaging et dans leurs publicités, mais qu’en est-il sur l’étiquette ? Heureusement, toutes les entreprises françaises doivent respecter la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques depuis 1999 (INCI). Tout ce qui compose un produit doit être spécifié, en latin ou en anglais, en fonction de sa quantité par ordre décroissant.

Les premières inscriptions sont celles qui composent majoritairement le mélange. « Par exemple, si tu achètes un shampooing avec le l’huile de jojoba et que tu regardes la liste et qu’elle n’apparaît qu’à la fin, c’est que l’ingrédient est présent dans des quantités minuscules » . L’ordre permet d’avoir une idée du pourcentage.  “Même si le produit n’est pas naturel, si le premier ingrédient, c’est de l’eau et le deuxième un dérivé du silicone, on peut dire que les producteurs abusent les consommateurs », explique Cécile Ruiz, ingénieur chimiste, spécialisée dans la cosmétique naturelle.

 2. Du latin, moins d’anglais

Sur mon flacon de crème pour les mains, les termes sont tantôt en anglais, tantôt en latin.  Cette distinction a  une raison. Elle permets de distinguer les ingrédients d’origine naturelle ayant été transformés.  Les noms latins désignent les ingrédients issus de plantes n’ayant pas subi de transformation, celles en anglais signifient qu’elles ont été modifiées par un procédé chimique.

3. Choisir son label

Les labels restent des indicateurs pour limiter les éléments indésirables sur sa peau. À chacun de choisir le sien, sachant que certains sont plus exigeants que d’autres. En voici quelques-uns :

 
  • Ecocert est le premier organisme de certification à avoir développer un référentiel pour les cosmétiques écologiques et biologiques.  Les conditions d’obtention du label sont  les suivantes : l’absence d’OGM, de parabens, de phénoxyéthanol, de nanoparticules, de silicones, de PEG ou polyéthylène glycol (une matière utilisée comme épaississant ou gélifiant), de parfums et de colorants de synthèse et les ingrédients provenant des animaux (hors lait et miel). Au minimum 95% du total des ingrédients doit être naturel ou d’origine naturelle, mais 10% seulement du total doit être issus de l’agriculture biologique.

  • Cosmébio se définit comme une association professionnelle  regroupant près de 400 adhérents en France et à l’étranger. Pour porter ce label, un produit doit être fabriqué par une entreprise membre de l’association et sa formule être certifiée bio par le référentiel Ecocert et Qualité France. Donc : 95% au minimum d’ingrédients d’origine naturelle, 95% des ingrédients végétaux doivent être issus de l’Agriculture biologique. Mais sur le mélange total,  10% des ingrédients au minimum doivent être issus de l’agriculture biologique.
 
  • Nature et Progrès ne se définit pas comme un label mais plutôt comme une « mention » qui s’obtient grâce à des contrôles successifs effectués par une association de professionnels et de consommateurs. Le cahier des charges est très complet et particulièrement exigeant. Les produits ne doivent contenir aucun composé pétrochimique, aucun produit de synthèse, aucun parfum (seulement les huiles essentielles) ni colorant de synthèse. Une marque peut être labellisée Nature et Progrès si au minimum 70% de ses produits commercialisés peuvent l’obtenir.

  • Natrue est une association internationale à but non lucratif. Elle a pour ambition de proposer un label harmonisé pour la cosmétique naturelle avec des ingrédients naturels et bio. Pas de parfum ni de colorant synthétique, par de produits issus de la pétrochimie. Un nombre de procédés de transformation limité.
4. Repérer les ingrédients nocifs pour l’organisme et la planète
 En juin 2017, l’association UFC-Que choisir publiait une liste d’ingrédients indésirables présents dans de nombreux cosmétiques, «  les plus problématiques dans l’état actuel des connaissances scientifiques ». Certains sont classés  « cancérigènes probables », d’autres sont des perturbateurs endocriniens. Choisir des produits où ne sont pas mentionnés ces composants est un parcours du combattant. Voici un schéma pour simplifier le repérage.
 Le silicone, issu de la pétrochimie, apporte une texture agréable au produit. Il fait souvent partie des premiers ingrédients de la cosmétique conventionnelle. «  C’est une matière inerte pour la peau. C’est pourquoi les marques vont l’utiliser pour les peaux sensibles. Le problème, c’est que ce sont des huiles très résistantes qui mettent des centaines d’années à se dégrader. », explique Cécile Munoz-Ruiz. Dans les stations d’épuration, laver l’eau de ces substances est un réel défi.  Pour les identifier sur l’étiquette, il faut repérer les noms terminant par « -one » ou en «- ane » qui sont souvent des dérivés du silicone.
À titre d’exemple, dans ma crème L’Occitane, le silicone est noté ainsi : “isononyl isononanoate”, “cyclomethicone” ou encore, “methylsilanol mannuronate”, ils sont les ingrédients principaux après l’eau (“agua”.)
5. Privilégier une liste courte d’ingrédients

Selon 60 millions de consommateurs « un cosmétique compte une trentaine d’ingrédients en moyenne ». L’organisme public à caractère industriel et commercial constate que les « produits les plus vertueux avaient une composition plus réduite que la moyenne ».  Privilégier les listes courtes est donc un moyen simple de se prémunir contre les ingrédients chimiques dangereux pour la santé.

Ne rien comprendre de ce qui est inscrit sur un  produit doit avertir le consommateur. Il est potentiellement mauvais. Heureusement, il est de plus en plus averti et les marques réagissent en se tournant vers la cosmétique végétale.  Voici à titre d’exemple, à quoi ressemble l’étiquette d’une marque prônant le naturel (en haut) par rapport à une marque dite “conventionnelle” (en bas).

Étiquette de la marque cosmétique MU. London garantie 100 % naturelle © Estelle Pereira

Ingrédients de la crème pour les mains L’Occitane à l’amande douce, cités selon la norme INCI. © Estelle Pereira