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Burberry x Riccardo Tisci, décryptage

« Je crois en la mode quand elle est un voyage, quand elle a un point de vue, quand elle suscite des questions sur le vêtement. C’est le devoir du créateur. »

L’italien Riccardo Tisci a investi les brumes londoniennes de la maison Burberry pour les percer de soleil. En tout cas, c’est ce qu’on attendait.
Repérage Instagram d’une collection à défiler en septembre.

Riccardo Tisci est un styliste italien. Il a été le plus jeune directeur artistique de la maison Givenchy de 2005 à 2017. Après une collaboration rosée avec Nike, il est nommé chief creative chez Burberry, quintessence british de l’excentricité élégante que signent le trench coat et le légendaire tartan.

Riccardo Tisci est un créatif solaire, adepte d’un « romantisme un peu sombre, d’un côté animal et même sexuel », comme il le dit dans une interview pour le magazine ELLE, débordant de références au catholicisme baroque et soutenant un vestiaire noir et blanc. Que vient faire cette violence lourde d’histoire chez la maison londonienne, sobre et exigeante, au produit originellement destiné à l’homme ? Burberry x Riccardo Tisci, c’est l’affrontement charnel entre masculin – rigidité anglaise – et féminin – sensualité italienne -, qui se résout avec un androgyne qui rappelle l’épure scandinave.

Le styliste a partagé ses premières créations via son compte Instagram. Loin d’imposer sa patte, Tisci remonte aux basiques qui ont fait la renommée de Burberry et ne prend aucun risque. Cela donne une réécriture attendue de l’imperméable, un poncho écossais (why ?), un matelassé ennuyeux. Et ne parlons pas du nouveau logo qui fait penser à un foulard de mauvaise qualité. Coup de cœur cependant pour la jupe longue aux mollets en tartan, posée au dessus d’un jean brut. Peut-être qu’il ne partage qu’une infime partie de la collection qu’il prépare à défiler en septembre 2018. Peut-être que le reste est étincelant d’innovation, qu’il a réussi à faire exploser son style ténébreux et flambant entre les mailles ancestrales de la maison anglaise.

En attendant, il est dommage de voir ce résultat décevant, quand l’alliance entre Burberry et Riccardo Tisci pourrait être foudroyante de vérité : une maison chargée d’histoire stylistique depuis le 19ème siècle, un créateur d’une noirceur romantique, pour donner une ligne gothique, belle et simplifiée.

Enfin bref, on espère un peu plus de folie en septembre. Et merci queen B d’avoir sauvé la mise à Riccardo, le 2 août dernier.