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Le boycott des couturiers pour habiller Melania Trump

Un comble pour cette ancienne mannequin slovène que de voir les grands couturiers refuser d’habiller la future première dame des Etats-Unis. Mais telle est la situation au lendemain de la victoire de son mari, Donald Trump.

Entre mode et politique, l’heure est-il au divorce ?

Ses heures de gloire du mannequinat semblent être bel et bien derrière elle. Aujourd’hui l’épouse du nouveau président des Etats-Unis doit tenir un certain rôle qui implique un ralliement tacite à la politique de son mari. Cependant, Donald Trump est un homme controversé et ne fait pas l’unanimité auprès de la population américaine, et notamment auprès de certaines catégories attaquées frontalement durant la campagne. Rappelons tout de même que les résultats, sans prendre en compte le poids de ceux des grands électeurs, donnaient Hillary Clinton vainqueure de l’élection avec 2 millions de voix d’avance, un écart certain.

Dans une mode américaine qui prône la diversité et l’ouverture des genres, des sexes et des religions, les idées de Trump ne semblent pas être en adéquation avec cette volonté des créateurs d’ouvrir les univers de la mode à d’autres genres.

Retour sur une carrière de mannequin

Née le 26 avril 1970, Melania débute sa carrière de mannequin en Slovénie, pays de naissance, à l’âge de 16 ans. Sa mère remarque très vite sa beauté et souhaite faire de sa fille un célèbre mannequin.

“Ma mère travaillait dans la mode. J’ai défilé pour la première fois à l’âge de cinq ans et j’ai participé à des pubs à seize ans” (Interview accordée pour le journal Mirror)

Elle part étudier le design et l’architecture à l’école de Ljubljana et rencontre Paolo Zampolli, responsable de l’agence de mode italienne ID. Elle part alors en Italie puis à Paris et rejoint les Etats-Unis en 1996. L’événement mondain de 2005 sera sans nul doute son mariage avec Donald Trump, au cours duquel elle sublimera l’allée avec une robe estimée à près de 100 000€ signée Christian Dior.

Mais son passé de mannequin va très vite affoler les tabloïds qui vont s’en donner à coeur joie pour ressortir des photos d’elle dans des situations peu convenables pour une potentielle future première dame. En mars dernier, on découvre une Melania nue sur une photo du magazine GQ publiée en 2000. Mais les scandales ne s’arrêtent pas là puisque le New York Post publie d’autres photos nues datant de 1996.

Une image qui ne fait pas l’unanimité

Le 30 novembre dernier, le créateur Tom Ford déclare “Elle ne correspond pas forcément à l’image de ma marque“. Considéré comme l’un des plus grand influenceurs de notre époque, il assume haut et fort ne pas vouloir habiller la nouvelle First Lady. Mais les déclarations de la modosphère ne s’en arrêtent pas là puisque le même jour c’est au tour de Marc Jacobs d’avouer n’avoir “aucun intérêt à habiller Melania” dans une interview pour le magazine WWD. D’autres créateurs tels que Derek Lam, Philip Lim ou encore Humberto Leon ont explicitement présenté leurs refus. Mais la première couturière à déclarer son hostilité n’est autre que Sophie Theallet. Elle publie une lettre sur Twitter qui va très vite être relayée.

“En tant que personne célébrant et luttant pour la diversité, la liberté individuelle et le respect de tous les styles de vie, je n’habillerai pas ni ne m’associerai d’aucune façon à l’habillement de la prochaine première dame. La rhétorique de racisme, de sexisme et de xénophobie soulevée par la campagne présidentielle de son mari est incompatible avec nos valeurs.”

Qui veut habiller Melania ?

Dans le magazine WWD certains créateurs défendent publiquement Melania Trump, refusant ainsi de l’associer à la politique de son mari. De fait chaque tenue portée révélera un message ou une volonté personnelle qu’elle souhaite exprimer. On a aperçu le choix de sa tenue pour le discours de Donald Trump au soir des résultats : une robe sobre blanche avec des détails plus créatifs aux manches. Dans cette tenue elle affiche clairement une volonté d’être perçue comme traditionaliste dans le choix de la coupe et de la forme tout en affichant sa volonté de tirer un trait sur le passé par la couleur blanche de la robe, en écrivant ainsi une nouvelle page de l’histoire de la présidence des Etats-Unis. Certains grands noms de la couture tels que Tommy Hilfiger ou encore Diane Von Furstenberg sont prêts à faire valoir le nom de la première dame dans le monde entier.

“Je pense que Melania est une très belle femme et je pense que tout créateur devrait être fier de l’habiller […]. Je ne pense pas que les gens devraient voir ça en termes politiques” (Tommy Hilfiger)

“Donald Trump a été élu et il sera notre président. Melania mérite le respect de n’importe quelle première dame avant elle. Notre rôle en tant que membre de l’industrie de la mode est de promouvoir la beauté, inclusivité, diversité. Nous devrions chacun être le meilleur de nous-mêmes et influencer par notre exemple.” (Diane Von Furstenberg)

Étonnamment en France, le célèbre couturier Jean Paul Gaultier s’est exprimé sur l’actualité controversée de la mode américaine en assurant : “Je ne sais pas qui va l’habiller, peut-être qu’elle le fera elle-même. Mais si elle me demande de le faire, pourquoi pas ? Je ne serais pas contre. Ce n’est pas mon but, mais pourquoi pas ! “.

Le monde des créateurs reste un univers à part qui ne cesse de nous surprendre. Comme le mentionne la couturière Caroline Herrera “dans deux ou trois mois, ils entreront en contact avec elle, parce que la mode est comme ça. Vous verrez tout le monde habiller Melania. Elle représente les Etats-Unis”. Vont-ils continuer ce boycott ou céderont-ils à la pression ? Réponse dans quelques mois. En attendant, cette actualité défrayant la chronique n’en reste pas moins le début d’une longue épopée d’histoires rocambolesques made in Trump.