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Barbie® féministe ? Mattel brise les codes

Depuis 59 ans, la poupée Barbie berce l’enfance des petites filles. Blonde aux yeux bleus, mensurations irréelles, elle est la caricature même de la féminité. A ses côtés, les enfants peuvent donner libre court à leur imagination, leurs désirs, et incarner celle qu’elles veulent devenir. Aujourd’hui, grâce à un marketing féministe, l’enseigne Mattel leur offre de vrais modèles.

Imaginée par Ruth Handler, cofondatrice de Mattel, la célèbre poupée mannequin est un incontournable de l’enfance. Accompagnée de son alter ego masculin, elle traverse les générations et ne cesse de se réinventer. Malgré ce côté trop parfait et caricatural, qui peine à coller aux standards du mannequinat, elle est devenue une icône féministe supposée. En voulant suivre son exemple, plusieurs jeunes femmes ont fait appel à la chirurgie esthétique pour lui ressembler. Effets désastreux garantis. Sur leur site internet, la marque de jouets Barbie® indique d’ailleurs que « 86% des mamans américaines s’inquiètent du type de role model auxquels sont exposées leurs filles ». C’est avec cette statistique en tête que Mattel a créé sa nouvelle gamme de poupée : « Inspiring Women » (femmes inspirantes).

Il est important de rappeler, qu’au court de ces 59 dernières années, Barbie a exercé plus de 200 métiers différents. De l’astronaute, en passant par la joueuse de football ou encore présidente, elle donne tout un tas de perspectives aux petites filles, et pas des moindre. Cela ouvre le champ des possibles.

« Toute ma philosophie de Barbie était qu’à travers la poupée, la petite fille pouvait être tout ce qu’elle voulait être. Barbie a toujours représenté le fait qu’une femme a le choix. » – Ruth Handler

Un seul détail gêne, ces poupées sont presque toutes stéréotypées. Heureusement, avec Inspiring Women, la firme américaine casse les codes. L’évolution a tout de même commencé dans les années 80 avec l’apparition de poupées noires et hispaniques, mais la diversité a atteint son apogée avec les Barbies « nouvelles proportions ». Aujourd’hui, en magasin, vous pouvez trouver des poupées grandes, petites et même rondes. Et oui, quitte à essayer d’incarner l’évolution de la société, autant mettre à la poubelle ses mensurations irréalistes.

Pour aller plus loin, « Women Inspiring » offre un véritable bain de jouvence féministe à ses célèbres poupées. La collection, qui a vu le jour en mars dernier, lors de la journée internationales des droits de la femme, propose 17 nouveaux modèles. Tous à l’effigie de femmes célèbres. Parmi elles Amelia Earhart (aviatrice), Frida Kahlo (artiste) ou encore Chloé Kim (championne olympique de snowboard, à 17 ans). Pas de panique, la France n’a pas été mise de côté et possède, elle aussi, sa Barbie. Celle d’Hélène Darroze, célèbre chef étoilée.

« Nous nous engageons à mettre en lumière des femmes qui transmettent des valeurs d’émancipation pour inspirer de plus en plus de petites filles » indique Mattel.

Encore plus de féminisme sur YouTube

Pas de Ken à l’horizon, simplement Barbie dans sa chambre, face caméra. Grâce à un avatar 3D, Barbie a le droit à sa propre chaîne YouTube. Il en existe d’ailleurs une pour chaque pays. De multiples vidéos sont mises en ligne où la célèbre poupée est mise en scène. Si à première vue, le contenu est banal, ces derniers temps de nouveaux contenus sont apparus. Sur sa chaîne de Vlog, Barbie parle aux petites filles de sujet important et ce, de manière très engagée. Nous n’en sommes pas au stade de parler du harcèlement, mais c’est un début. Dans son dernier Vlog, Barbie traite le sujet du « Sorry reflex ». Elle y encourage ses followeuses à arrêter de s’excuser à tout va, par réflexe. Pour cet avatar, beaucoup trop de filles s’excusent bien trop souvent (tout au moins c’est plus fréquent que chez les garçons). On vous bouscule ? “Oups, excusez moi”. On vous sert de la nourriture froide ? “Désolé, mais pourriez-vous réchauffer”. Vous êtres triste, vous pleurer et quelqu’un vient vous voir ? “Désolé”. Les exemples, elle en a plein, mais elle a aussi les solutions. Plutôt que de s’excuser dite “Oh, c’est bon ça va” ou encore “Merci de réchauffer ma nourriture”. Dans une autre vidéo, elle aborde le sujet du fameux “je ne fais que plaisanter”… Les filles ont souvent entendu ça lorsqu’elles se prennent des réflexions, alors Barbie en parle.

Au total, une dizaine de vidéos au contenu féministe ont été publiées. De quoi donner une nouvelle image à la belle blonde. Celle d’une femme engagée, militante et féministe.

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