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Art et Mode : alliance intouchable ?

La mode est une réunion d’arts, elle se nourrit et s’inspire de musique, de cinéma, de sculpture ou de peinture. En les transcendant, la mode floute les frontières et attire dans le quotidien les carreaux de Mondrian ou le pop-art d’Andy Warhol.
Mais où se place la limite à l’inspiration ?

Le terme d’art pour la mode n’a pas toujours évident. Pour certains, se vêtir est purement utilitaire. Cependant, le travail d’une pièce de haute couture, le temps passé, les techniques employées, l’esprit créatif nécessité, tout cela s’apparente à une mise en œuvre artistique. Les pièces d’un créateur de mode comme Poiret ou Christian Dior se voient maintenant exposées et évaluées comme des œuvres d’art.  Des collections se retrouvent parfois directement dans un musée, sans être passées par la case défilé et prêt-à-porter.

Intrinsèquement, la mode est un art proche. Il habille, cache, dévoile, montre, démontre, représente, sublime ou gâche. Proche du corps avant tout, mais aussi proche des idées et des convictions. C’est l’art qui exprime le mieux le vivant. La mode se choisit et s’espère, se réinvente dans un cycle infini de nouvelles envies. C’est un rêve qu’on peut porter. On l’imagine et on le concrétise. C’est l’art le plus accessible. Il est à la fois visuel, graphique, sculptural, dimensionnel et animé. Et cette réunion d’arts, nous avons le pouvoir de l’investir tous les jours.

Des collaborations entre maisons de couture et artistes ne semblent pas incongrues, dans le sens où ces arts se nourrissent les uns les autres. Charles de Castelbajac et ses performances où les robes se faisaient peindre en live représente un bel exemple de fusion entre mode et art pictural. La nouvelle directrice artistique chez Dior, Maria Grazia Chiuri, a choisi l’imaginaire florissant de Niki de Saint-Phalle comme inspiration pour sa collection printemps-été 2018. Des silhouettes fraîches, pop, un peu enfantines. Délicieux.

Mais que penser de la dernière collection de maroquinerie « Masters » de Louis Vuitton, née de la collaboration avec Jeff Koons ? Quelle est cette appropriation inopportune d’œuvres mondialement connues et admirées ? Travailler avec un peintre, s’inspirer de son univers et recréer dans une optique évolutive, c’est honnête et bienvenu. Mais copier coller des bouts de toile sur des sacs et y appliquer le nom des artistes comme de nouveaux logos, c’est du mauvais goût et presque du plagiat. Jeff Koons, « artiste » provocateur, s’est emparé d’un droit inaliénable. Louis Vuitton, une des plus anciennes maisons de couture françaises, perd un peu de son prestige.

Pour donner un dernier exemple d’une belle union entre mode et peinture, on ne citera que le créateur Yves Saint Laurent : il a révolutionné les sixties en infusant les célèbres carreaux du peintre Mondrian aux robes de ses mannequins. Une coupe stricte, des couleurs fortes, un rendu électrisant. Pour la mode, les arts sont un puits d‘inspiration constante. De chaque courant musical est né un style, des attitudes, des façons de voir le monde. Les mouvements littéraires et politiques se reconnaissaient par des détails vestimentaires, comme l’écharpe rouge des communistes ou simplement la fleur de lys brodée sur les parures royales. Basiquement, la mode, c’est l’art qu’on traîne dans la capuche du sweat, le fond des poches, la boucle de la ceinture et qui en fait, raconte le mieux l’histoire de l’humain.

 

 

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