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Quand l’architecture met en scène la mode, une alchimie se crée

Si, à l’origine, l’architecture ne relève que du simple abri, son champs d’action a évolué à travers les siècles pour répondre aux évolutions de la société. Elle est depuis toujours un outil de pouvoir et a, à toutes les époques, su exprimer les désirs délirants de grandeur.

Les grandes villes du monde sont aujourd’hui prêtes à débourser des millions pour s’offrir le monument d’un « archistar », afin d’en mettre plein la vue au pays voisi. Ces bâtiments aux formes toutes aussi prodigieuses qu’improbables, sont le plus souvent des musées ou des salles de spectacle. Aujourd’hui de nouveaux acteurs puissants font surface et ré-interroge l’architecture moderne.

La mode, nouvelle cliente de l’architecture

Les grands créateurs de mode ré-inventent en permanence notre apparence de demain. C’est donc sans grande surprise qu’ils commencent à inviter architectes à mettre en scène leurs collections. On a d’ailleurs vu apparaître ces dernières années un nouveau type d’architecture : l’ameublement et l’organisation de grandes boutiques. Tout comme dans un musée où chaque piédestal, chaque support est dessiné pour la pièce unique qu’il soutient, la création veut apparaître comme un ensemble d’objets rares et précieux. Cette mise en scène fait appel à des capacités que possède l’architecte : design, lumière, matière mais aussi le dessin d’un parcours (qui est fondamental puisqu’il permet la surprise et la découverte œuvres).

Prada, un exemple à suivre de près

Prada, pour sa boutique de New York a fait appel à Rem Koolhaas (casa da musica de Porto, Bibliothèque centrale de Seattle, Zénith de Lille). L’intervention est réalisée en 2000 et est tout à fait révolutionnaire pour l’époque. Les locaux utilisés par l’enseigne sont situés dans une ancienne partie du musée Guggenheim de New York, lui aussi dessiné par un grand architecte : Frank Lloyd Wright.

Source : Guggenheim, N.Y.

Pure logique, ou coup de génie : Koolhaas organise la boutique comme un musée. Le visiteur suit une séquence d’espaces qui lui présente peu à peu la collection. Le sol est façonné comme un paysage dont les pentes des collines se parent des nouveautés de Prada.

Source : oma.eu

A la différence d’un musée, la boutique renouvelle constamment sa collection ce qui requiert un espace adaptable, ici traduit par une plate-forme amovible qui peut notamment accueillir des défilés. L’adaptabilité de l’espace est un concept très moderne. Dans les penderies les visiteurs peuvent trouver des écrans interactifs qui précisent tout ce qu’il faut savoir sur le vêtement concerné : la composition, l’origine de la fabrication, son entretien, etc.

Source : oma.eu

L’architecture peut être incroyablement féminine

Les femmes sont à l’honneur ! Si Rome regorge d’architectures issues de l’Antiquité et de la Renaissance, les connaisseurs et les curieux découvriront des petites merveilles de l’architecture moderne de la fabuleuse Zaha Hadid (MAXXI de Rome, Centre culturel Heydar-Aliyev, Opéra de Canton). Cette dernière a pensé et dessiné l’intérieur de la boutique de Stuart Weitzman en 2006, avec la fluidité et l’élégance d’une chaussure féminine.

Coupe longitudinale de la boutique Source : Jacopo Spilimbergo

Si la boutique ne possède pas de gadgets technologiques, sa modernité réside dans sa forme et sa mise en œuvre. Les matériaux utilisés, en plus d’être précieux, sont complètement innovants. Les présentoirs sont réalisés en fibre de verre et en feuille d’or rose. Les parois quant à elles, sont en béton renforcé par de la fibre de verre. Lorsque l’on entre dans cette boutique étroite de la Via Condotti, on se trouve immédiatement immergé dans l’univers unique du créateur : il n’y a que la taille de votre porte-monnaie qui peut vous retenir de dévaliser le magasin.

Pour en découvrir d’avantage :

http://oma.eu/projects/prada-epicenter-new-york
http://www.prada.com/fr/a-future-archive/epicenters/epicenters-new-york.html

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