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Alexis Jodas, créateur inspiré

Il a présenté sa collection de diplôme lors du salon des Jeunes Créateurs, inspirée de patrimoine et racontant une femme glamour, puissante et assumée. Portrait d’Alexis, autour d’un café.

Alexis Jodas, habillé de ses yeux clairs et de son costume noir, raconte son goût pour la création, venu dans l’enfance lorsqu’il dessinait avec son grand-père et qu’il regardait sa mère, vêtue de tailleurs pointus et de pantalons longilignes. « J’ai toujours été passionné par tout, curieux de tout. Je voulais tout savoir, c’est pourquoi l’histoire du patrimoine et l’histoire de l’art en général m’ont intéressé très jeune. » Après une spécialisation en arts plastiques au lycée, Alexis se dirige vers une MANAA (mise à niveau en arts appliqués) puis entre à Esmod Lyon pour terminer son cursus. « Mon bagage culturel acquis grâce à ma curiosité et ma filière littéraire m’ont beaucoup apporté. Cela complétait les connaissances techniques et particulières à la mode que je découvrais en études supérieures. »

Alexis présente sa première collection pour son diplôme en 2015, reformant ses inspirations en un tout : Madone of Steel. Le couturier a décidé d’habiller la femme puissante, qui connaît et assume son charme, qui aime plaire et séduire, tout en restant lointaine et comme sur un piédestal. La femme sacrée, la madone intense, imposante, éminente. On découvre donc des silhouettes vêtues de tailleurs avec des épaulettes taillées au fer, des reliefs texturés de noir et des capes fluides et austères.

Alexis s’explique : « J’admire énormément le travail de Pierre Soulage, un créateur de vitraux qui a œuvré notamment à Sainte Foy de Conques. Son concept repose sur l’art du noir, appliqué en plusieurs couches pour créer relief et texture. » On retrouve cette idée dans les pièces d’Alexis, où les pétales de tissus en néoprène, maille, tulle et velours sont piqués sur une base de crêpe japonais avec dessus des volants torsadés de mousseline de soie. Le tout est rebrodé de quelques cristaux Swarovski, de paillettes et de sequins eux-mêmes débrodés de chutes de tissus, tout comme les pétales. « J’aime l’idée d’une mode durable, donc j’essaye le plus possible de faire de l’upcycling. »

Le concept de vêtement-église se retrouve également dans la doublure de la veste, entièrement révélée et éclairé de dessins de vitraux, et opposée à l’extérieur sobre et grave. On a donc une collection qui s’inspire à la fois du vestiaire du pape, d’architectes suisses et japonais et du patrimoine historique français.

La force d’Alexis, c’est son indépendance. Il aime et s’inspire de maisons comme Alexandre Vauthier, Maison Margiela ou Jean-Paul Gautier pour leur technicité gardée intacte, leur émancipation des codes, celles qui continuent à pratiquer un art ancestral sans prendre garde aux collections obligatoires.

On retrouvera la main d’Alexis dans l’élaboration de la robe de Miss Auvergne pour le concours Miss France à Noël, une combinaison pantalon blanche agrémentée d’une cape et enflammée de lave depuis les chevilles jusqu’aux genoux. Le jeune couturier revisite avec talent les symboles de cette région volcanique, dont il place les monts verts au dos de la tenue et le signe courbe au niveau de la ceinture. Un résultat très audacieux, moderne et innovant.

Curieux de tout, touche à tout, avec le don d’allier l’ancien et le moderne et les yeux grand ouverts sur l’avenir, Alexis Jodas semble promis à vivre une riche histoire de libre création.

Pour suivre Alexis :

Instagram : https://www.instagram.com/alexisjodas/

Facebook : https://www.facebook.com/madoneofsteel/