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“Tapatia, le savoir faire mexicain adapté à la mode française”

Il y a quelques semaines, nous vous avions présenté la marque Tapatia. aujourd’hui, Maria Fernanda Perez Bravo et Ali Mortaza Ali,  créateurs franco-mexicains, ont accepté de répondre à quelques unes de nos questions. En 2012, ils DÉCIDENT de lancer Tapatia, une marque proposant des chaussures, sacs et accessoires inspirés de l’authenticité du savoir faire mexicain, Et adaptés aux tendances actuelles.

POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER VOTRE PARCOURS, ET CE QUI VOUS A AMENÉ À DEVENIR CRÉATEURS ?

Maria Fernanda Perez Bravo : Je suis originaire du Mexique. J’ai fait un BTS, puis une licence en management et production textile à Paris. Actuellement,  je m’occupe du design du produit, son suivi de production, le choix des matières et le contrôle de la qualité.

Ali Mortaza Ali : Je suis originaire de Nantes, j’ai plutôt une formation commerciale. J’ai  d’abord réalisé une licence en commerce international à Paris, puis un master relations internationales à Montpellier. Je n’ai pas de formation dédiée à la mode, et c’est pour ça que je m’occupe de la gestion administrative et commerciale de la marque. La naissance de Tapatia découle avant tout d’un besoin. Nous avons vécu au Mexique Maria et moi. Quand nous sommes rentrés en France en 2012, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait très peur de produits fabriqués au Mexique de manière artisanale, qui correspondaient au code de la mode en France et en Europe. On retrouve beaucoup de produits ethniques, très chargés, avec beaucoup de couleurs, mais qui sont difficilement portés en France.

POUVEZ-VOUS  JUSTEMENT NOUS PRÉSENTER VOTRE MARQUE?

A : Tapatia est une marque franco-mexicaine. Nous avons commencé avec de la maroquinerie. Nous voulions montrer aux Français que le savoir-faire mexicain et l’artisanat mexicain pouvaient être adaptés aux tendances actuelles française.

M : Nous avons eu la volonté de travailler avec des produits fabriqués de façon artisanale, pour pouvoir par la suite les standardiser, et avoir une production homogène. C’est pour cela que nous avons commencé par confectionner des chaussures. « Huaraches », c’est une chaussure typiquement mexicaine que nous portons depuis l’enfance. C’est un produit très ethnique qui a été créé à l‘époque précolombienne, et donc utilisé par les indigènes. Nous avons voulu garder cette authenticité du tressage fait main, en l’adaptant aux tendances actuelles et contemporaines qui marchent très bien en France.

Source: Ali Mortaza Ali

Pourquoi avoir choisi le nom “Tapatia” ?

M : Tapatia vient du «nahuatl»,  une langue aztèque. Cela veut dire «Tapatio»,  qui désigne l’habitant de Gualadajara, la ville où je suis née. Nous avons voulu prendre ce nom, car il représente mes origines, et en quelque sorte l’identité et l’équité que nous voulions transmettre à la marque.

PARLEZ NOUS DE LA FABRICATION DE VOS SACS ?

M : Le travail de création commence avec la recherche de tendances : je réalise les planches avec des images, puis je recherche les coloris. Ensuite  c’est l’inspiration qui vient : je commence alors à dessiner à la main, puis sur un logiciel pour avoir un meilleur rendu, mais aussi pour que le fabricant puisse avoir une meilleure vision du produit. Je réalise également les fiches techniques, avec tous les renseignements que le fournisseur doit avoir : description du produit, dessin, et enfin les indices de tailles et de coloris. Une fois les prototypes validés, nous pouvons lancer la production, qui est donc réalisée au Mexique. Nous faisons les contrôles de qualité techniques et esthétiques sur place. Puis nous réceptionnons les produits dans nos entrepôts à Paris , et la commercialisation peut commencer.

 QUELLES SONT VOS INSPIRATIONS ?

M : Je m’inspire des aspects traditionnels mexicains, notamment des motifs, des broderies et du tressage mexicain. Ma source d’inspiration principale est la chaussure typiquement mexicaine. Je m’inspire également des cultures mayas et aztèques, mais aussi des tendances contemporaines des nouveaux créateurs.

Source: Ali Mortaza Ali

Quels sont ces créateurs qui vous inspirent ?

M  : En France j’aime la maison Chloé. Au Mexique, il y a un créateur mexicain que j’apprécie beaucoup il s’agit de Benito Santos, il fait de la haute couture avec de jolis imprimés et des fleurs.

Avez-vous fait face à des difficultés ?

Nous sommes la première marque francaise qui produit au Mexique avec un processus créatif abouti. Certaines startup et boutiques en ligne importent des productions du Mexique, en achetant des produits déjà finis. C’est différent pour nous : nous avons la volonté de créer en respectant les saisonnalités. Ce n’est pas simple, car les distances sont vraiment très longues, et que 95 % de nos concurrents fabriquent en Europe. Nous avons été approchés par beaucoup de fabricants en Espagne, en Italie au Portugal, mais ce n’est pas le concept de la marque. Nous voulons continuer à produire à l’autre bout du monde, c’est un véritable challenge. Il y a aussi un changement de mentalité : le Mexique est un pays méconnu des français, mais il ne faut pas oublier qu’il y a un savoir faire et des talents. Nous essayons d’évangéliser la France à la consommation mexicaine, et souhaitons montrer qu’elle n’a rien à envier à la fabrication et à la qualité espagnol, italienne ou portugaise. Progressivement, les gens prennent conscience que le Mexique n’est pas forcément un pays du tiers monde, et que la fabrication est de qualité.

AVEZ-VOUS DES PROJETS À VENIR POUR LA MARQUE ?

A : Nous avons  lancé notre dernière grosse campagne qui met en avant nos bottines,. Nous n’avions pas de produits d’hiver, et on s’est dit qu’il serait intéressant de creuser cet aspect. Afin de respecter les conditions de la saison tout en restant sur notre volonté de promouvoir le savoir faire mexicain, nous avons revisité la Santiag mexicaine. Nous avons également réadapté la Chelsea Boots, afin de la rendre plus sobre et portable pour les parisiens. Nous avons également lancé une campagne de crowdfunding pour notre nouvelle collection. Enfin, nous sommes désormais présents sur de nombreux concepts stores éphémères, ce qui donne à nos clients la possibilité de voir nos produits physiquement.

L’ouverture d’une boutique est elle envisageable ?

A : Aujourd’hui, il est très important d’être visible pour que le client puisse toucher, essayer le produit, mais également pour créer une communauté. Les marques qui peuvent se passer d’une vitrine physique sont des marques qui ont un budget important, et une bonne communication sur leur site internet pour assurer le trafic. De notre côté, on envisage l’ouverture d’une boutique par la suite, cela dépendra bien évidemment du bilan de notre campagne actuelle !

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