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Mortal Engines, effets spéciaux époustouflants pour un scénario banal

Premier film réalisé par Christian Rivers, le protégé de Peter Jackson, Mortal Engines est un spectacle d’effets spéciaux. Une créativité pleine de références qui compensent le manque de profondeur du scénario. 

Nous voici dans un univers post-apocalyptique. Une voix sur fond noir nous annonce la nouvelle. Un conflit éclair, nommé « La Guerre de 60 minutes », a détruit l’écorce terrestre.

Deux millénaires plus tard, l’Europe est un no man’s land où les villes sont mobiles. Comme d’immenses chars, elles se battent entre elles pour accumuler leurs richesses. Un monde où les plus gros et les plus riches absorbent les plus pauvres.

Les habitants du XXIe siècle sont nommés les « Anciens ». Nos objets de consommation sont devenus des reliques recherchées par les archéologues. Ainsi un grille pain peut avoir autant de valeur que le tableau à l’effigie de Mona Lisa.

© Universal Pictures International France

Cette nouvelle saga est inspirée du livre Mécaniques fatales de Philip Reeve. Ce roman est le premier volet d’une tétralogie dystopique. Le projet est ambitieux. Comme le fut celui de Peter Jackson – cantonné au titre de scénariste et co-producteur –  quand il a donné vie à l’imagination de J.R.R. Tolkien avec Le Seigneur des Anneaux.

Une référence à l’ère industrielle

Dans cet univers où les villes sont des machines géantes en perpétuel mouvement, Londres est un mastodonte. Montée sur des chenilles mécaniques immenses, la cité avance grâce à l’énergie de la combustion des plus petites villes qu’elle avale. De la fumée noire s’échappe de grande cheminées qui sont pas sans rappeler celles des usines du XIXe siècle. Elles sont aussi une référence à Mad Max.

© Universal Pictures International France©

Les effets spéciaux ont été réalisés par la société Weta Digital, également à l’origine des décors d’Avatar, de La Planète des singes et de plusieurs Marvel. Dans Montal Engines, il a un contraste entre le réalisme mécanique des effets spéciaux et le romantisme exacerbé des personnages.

Certains diront que c’est le risque quand on fait un film grand public, aussi bien adressés aux enfants qu’aux adultes. Ce qui n’était pas le cas du Seigneur des Anneaux, où les personnages étaient bien plus profonds et subtiles. Ici, ils ne sont que la caricature d’eux-mêmes.

Un méchant (interprété par Hugo Weaving) prêt à tout pour acquérir l’arme atomique dont l’utilisation a mené à la destruction de l’ancien monde. Une femme prête à tout pour venger la mort de sa mère. Un orphelin naïf qui tombe éperdument amoureux de cette dernière. Une rebelle (jouée par la chanteuse coréenne Jihae), dont la tête est mise à prix, tirée à quatre épingles en toutes circonstances. 

Hugo Weaving dans le rôle du grand méchant Thaddeus Valentine.
© Universal Pictures International France

Ceci est bien dommage. Car les bases d’une réflexion sur notre modèle de société et ses travers, étaient posées. Originalité et pas des moindres, les terres libres dans ce monde réorganisé sont représentées par l’Asie… Peut être que ce point sera développé dans une suite ?

Des personnages pour Young Adult

Car il serait prévu trois autres films. Espérons que les prochains privilégieront la simplicité des personnages. Le réalisme vaut toujours mieux et parait plus efficace. Car le premier volet frôle le « culcul la praline » avec des scènes surjouées, censées attendrir le public qui en a déjà vu tellement qu’elles laissent de marbres (et c’est une fille qui pleure facilement devant les films qui vous le dit).

Parfois, faire simple et dans le sous entendu suffit. Même les adolescents sont capables de ressentir l’attirance entre un homme et une femme dans avoir besoin de le signifier par un « mais tu l’aimes ? » et le « je ne t’abandonnerais jamais ». 

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